La flamme olympique anime Vancouver

Soyons clair, les Jeux Olympiques de Vancouver n’ont que peu d’intérêt pour moi. Mais quand même j’apprécie la vie qui anime la ville depuis quelques jours. Une habitante de longue date m’a dit qu’elle n’avait pas vu ça depuis 1986, année où s’est tenue une exposition internationale à Vancouver.


Granville street
Je n’ai jamais vu autant de monde à Vancouver!

Hier je suis allée faire un tour au centre ville pour jeter un coup d’œil aux différents pavillons, expositions et animations. En descendant du bus, j’ai vu une foule de gens qui se dirigeaient tous vers Canada Place. J’ai suivi le mouvement en me disant qu’il devait sûrement y avoir quelque chose à voir. Et je suis tombée sur la flamme olympique derrière le Vancouver Convention Centre. Elle brûle aux extrémités de sculptures représentant des cristaux de glace géants.


flamme olympique
( Cliquez sur la photo pour l’agrandir )


J’aime bien l’originalité de la sculpture, ça change des vasques habituelles. Ce qui est dommage c’est qu’on ne peut la voir que de loin et derrière une clôture. J’ai du prendre ma photo à travers le grillage après m’être frayé un chemin dans la foule.


Ajout du 18 février : le dispositif a été modifié pour permettre de mieux voir la flamme.


 


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Whole Foods Market, le supermarché bio américain

A mon arrivée à Vancouver, comme d’habitude j’ai fait le tour des magasins vendant des produits bio pour voir où j’allais pouvoir m’approvisionner. Parmi eux, un magasin m’a impressionnée par ses dimensions : le Whole Foods Market situé à l’angle de Cambie Street et de la huitième avenue qui fait environ 4700 m2. Je n’avais jamais vu un magasin bio aussi grand. En comparaison, mon magasin bio parisien doit mesurer dans les 200 m2.

Whole Foods Market à Vancouver
La façade du magasin avec un mur végétal sur la droite

 


Je dois préciser que
Whole Foods Market est un « magasin de produits naturels ». Autrement dit la moitié des produits sont bio, l’autre moitié sont des produits de supermarché standards. Mais la quantité de produits bio disponibles est quand même très importante.


Le supermarché se présente comme un magasin classique avec des rayons fruits et légumes, laitages, poissons, viandes, épicerie, pâtisserie, fleurs, cosmétiques… Il y a un rayon vrac pour prendre juste ce dont on a besoin comme céréales, noix (ou bonbons). On peut aussi prendre un café ou manger sur place en se servant au bar à salade, aux stands de pizzas, sandwiches ou burritos. Les clients ont enfin la possibilité de s’acheter un dîner à emporter, dans un emballage compostable.


intérieur de Whole Foods Market à Vancouver      intérieur de Whole Foods Market à Vancouver

Whole Foods Market est une entreprise cotée en bourse et qui inaugure chaque année de nouveaux magasins. Son fondateur, John Mackey, a ouvert un petit magasin bio en 1978. Aujourd’hui il est le PDG de Whole Foods Market, s’oppose à la création d’un syndicat dans l’entreprise et défend ce qu’il appelle un « capitalisme conscient ». Cela veut dire selon lui qu’on peut à la fois faire de l’argent et être utile la société. Il a aussi fait parler de lui cette année en s’opposant violemment à la réforme du système de santé de Barak Obama. Cette position n’a pas plu aux clients de Whole Foods Market qui supportent majoritairement la réforme du président américain. Il y a même eu un appel au boycott de la chaîne de magasins.

C’est difficile de juger de la sincérité des bonnes intentions affichées sur le site internet de
Whole Foods Market. Je me suis donc contentée de lister les avantages et les inconvénients du magasin selon mon expérience de consommatrice.

Avantages :
* le plus grand choix de produits bio sur Vancouver
* Toute une gamme de produits d’épicerie fine
* un des rares endroits où on peut acheter du fromage qui ait le goût de fromage
* accessible en transports en commun
* magasin propre et spacieux
* Il y a souvent des petites dégustations
* Si on rapporte un sac de course réutilisable, on a une réduction de 10 cents sur le ticket de caisse
* La possibilité de trouver tout ce qu’il faut pour un pique-nique improvisé


rayon fromage de Whole Foods Market à Vancouver


Inconvénients :
* Le mélange de produits bio avec des produits issus de l’agiculture conventionnelle
* Les prix ne sont pas donnés, notamment pour la viande bio. Mais les magasins concurrents sont chers aussi.
* Certains fruits et légumes importés de l’autre bout de la planète
* Beaucoup de marques qui font des produits industriels et peu de produits de petits producteurs
* Il y a souvent des erreurs sur les prix
* Le magasin appartient à un grand groupe qui a plus de 280 boutiques aux États Unis, au Canada et au Royaume Uni. Comme toute grande surface, il fait du mal aux petits commerces bio locaux.
A Vancouver Whole Foods Market a racheté plusieurs magasins locaux de la marque Capers. Ca signifie moins de concurrence et moins de choix d’endroits où faire ses courses. 

Bien qu’il soit un peu loin de chez moi, je trouve que ce magasin est assez pratique pour faire ses courses de produits biologiques. Mais ce n’est pas ma seule source d’approvisionnement.


Pour en savoir plus :
le site officiel de Whole Foods Market (en anglais)
une interview du PDG John Mackey (en anglais)
un article critique sur Whole Foods Market (en français)

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Expulsion

Le lendemain de notre emménagement à Vancouver, il y a quelques mois, nous avons été surpris d’entendre un bruit d’aboiement. Le propriétaire n’avait pas mentionné la présence d’un chien dans la maison. L’homme et moi avons échangé un regard inquiet. Nous ne le savions pas encore mais c’était le début d’une nuisance sonore qui allait s’amplifier de jour en jour. Nous avons supporté plusieurs mois de la musique parfois non stop toute la journée et des aboiements de jour comme de nuit.

Plus toute jeune et outrageusement maquillée, la voisine responsable du bruit semblait penser qu’elle pouvait faire la loi dans la maison. Selon elle, elle payait donc elle avait le droit de faire autant de bruit qu’elle voulait. Le propriétaire est allé lui parler sans succès.

Après une nuit de trop sans sommeil, nous sommes allés râler à la mairie, au service dédié aux nuisances sonores. Un officier s’est déplacé pour rappeler à la voisine la loi sur le bruit. Suite à cela, le bruit s’il n’a pas disparu est revenu à un niveau supportable. La vie reprenait un cours normal.

Deux semaines plus tard, nous avons trouvé un avis d’expulsion du propriétaire dans notre boîte aux lettres. C’est assez désagréable de tomber sur un tel courrier le matin quand on vient d’émerger du sommeil.
Ce qui s’est passé c’est que suite à notre plainte la mairie a fait des vérifications et s’est rendue compte que notre appartement était loué illégalement. Evidemment on n’était pas au courant.
On est allé voir le propriétaire qui a littéralement pété les plombs devant nous, nous accusant même d’être à l’origine de ses problèmes. Je suis toujours étonnée de voir jusqu’où peut aller la mauvaise foi. Il était manifestement affolé par la perspective du manque à gagner si il ne pouvait plus louer l’appartement. Par contre le fait qu’on risque de se retrouver à la rue ne semblait pas l’émouvoir plus que ça…

dessin
Illustration : comment la mairie de Vancouver résout les problèmes…


Nous voilà bons pour repartir à la recherche d’un appartement avec seulement 5 semaines avant d’être mis à la porte. Octobre n’est déjà pas une très bonne période pour trouver un appartement au Canada mais là en plus il y a les Jeux Olympiques en février prochain qui font exploser les prix.

Après de nombreux mails et plusieurs coups de fils, nous avons visité trois appartements.
Dans le premier appartement, une jeune maman nous a avoué qu’elle aussi louait illégalement, avec l’argument habituel que tout le monde fait ça dans le quartier.
Dans le deuxième appartement, une grand-mère bien propre sur elle nous a demandé plusieurs références car on parlait mal anglais et donc, selon elle, on ne pouvait pas nous faire confiance.
Un retraité nous a proposé un bail de 15 jours, renouvelable selon son bon vouloir, pour le troisième appartement.

Un peu découragés après ces visites, on a pris rendez-vous pour visiter un autre appartement dans la gamme de prix supérieure. Celui là était correct (et légal!). Le fait que la propriétaire ait immigré au Canada il y a des années et qu’elle ait fait du tourisme en France ont sans doute aidé à ce qu’elle nous loue l’appartement. C’est de là que j’écris ce post aujourd’hui, en savourant la chance d’avoir un toit au dessus de ma tête.

Journée d’action pour le climat à Vancouver

Samedi 24 octobre j’ai participé à journée internationale d’action pour le climat organisée par les collectifs 350.org et Bridge to a cool planet (un mouvement local dont le nom signifie littéralement « Pont vers une planète fraîche »). Le but de cette journée était de faire pression sur les gouvernements avant le sommet de Copenhague le 7 décembre pour qu’ils s’engagent à agir face à la crise climatique.


A Vancouver ça se passait sur le Cambie Bridge. 5000 personnes ont manifesté entre le pont et le musée des sciences, Science World, où des animations ont eu lieu l’après-midi. Le temps était beau et l’ambiance conviviale. Je n’avais pas mon appareil photo alors j’ai repris quelques photos trouvées sur internet :


manifestation pour le climat sur le Cambie Bridge
photo de 350.org sous licence Creative Commons


Dans le défilé on pouvait voir pas mal de vélos et de personnes venues en famille. Quelques participants étaient déguisés. Les deux costumes en photo étaient particulièrement réussis.
Le dinosaure, à droite, a une pancarte que l’on peut traduire par : « Nous avons été frappés par un astéroïde. Vous, quelle est la raison de votre extinction? Les autoroutes? »

homme déguisé en oiseau     homme déguisé en dinosaure
                        photos de ajfis2 et 350.org sous licence Creative Commons


Un enfant tient un panneau qui dit « Moi j’ai mangé mes broccolis. Vous, vous réglez le climat? »

manifestation pour le climat sur le Cambie Bridge. enfant avec un panneau.
photo de 350.org sous licence Creative Commons

 


Une bannière géante a été accrochée sur le pont. Il y est écrit : « Les canadiens se sentent concernés. Il faut agir
maintenant pour le climat ! »

bannière déployée sur le Cambie Bridge
photo de 350.org sous licence Creative Commons

 


La journée est passée mais vous pouvez encore participer à la mobilisation contre le changement climatique :

* en signant la pétition sur le site tck tck tck

* en téléchargeant gratuitement la chanson Beds are Burning sur le site Time for climate justice (Note de 2015 : le site n’est plus actif). Les téléchargements sont décomptés comme autant d’appels à l’action.

* en faisant passer le message


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Vancouver résidentiel

Pour les touristes, Vancouver ressemble à cette photo de carte postale avec la mer, la montagne et des gratte-ciel :


Vancouver


On y voit le centre-ville de Vancouver, le « Downtown », qui est parsemé de tours.
Mais c’est oublier que la plus grande surface de la ville ressemble plutôt à ça :


maisons à Vancouver maisons à Vancouver

Des kilomètres et des kilomètres de « banlieues pavillonnaires », à la différence que ces quartiers résidentiels ne sont pas en banlieue mais appartiennent bien à la ville de Vancouver.

Les façades des maisons se suivent et se ressemblent. Le gazon doit être d’un vert éclatant et tondu bien ras. La façade avant doit être impeccable. L’apparence compte beaucoup.

Pourtant la porte d’entrée ne sert pas tellement. On est en Amérique du Nord, le royaume du tout bagnole. Les déplacements se font en voiture et on accède à la voiture par la porte de derrière qui donne sur la « ruelle ».


ruelle à Vancouver


Au Canada, une ruelle (alley ou lane en anglais) est une petite rue entre deux rues qui sert aux résidents à accéder à leur maison en auto. Une ruelle n’a pas de nom et ne sert qu’à la circulation des riverains. Si on prend par exemple deux rues parallèles, la 63e avenue et la 64e avenue, il y a une ruelle parallèle qui est entre ces deux rues. Et les habitants des 63e et 64e avenues prennent cette allée en voiture pour rentrer ou sortir de chez eux. On voit bien la ruelle au milieu des deux rues sur cette photo satellite de google map :


ruelle à Vancouver (source : google map)


Les ruelles permettent de jeter un coup d’œil sur les façades arrière des maisons, moins aseptisées que les façades avant. On y trouve le garage pour la ou plutôt les voitures. Il y a aussi souvent une terrasse à l’étage.


maisons à Vancouver


La terrasse est indispensable pour l’activité favorite du vancouvérois : le barbecue dominical.


maison à Vancouver


Il y a l’espace pour faire sécher le linge et jardiner quelques tomates.


maison à Vancouver
maison à Vancouver

L’arrière de la maison sert aussi à stocker les poubelles et parfois, avouons-le, à cacher le bordel.


maison à Vancouver maison à Vancouver

Je regarde les maisons et je me demande quelle vie ont  leurs habitants. Sont-ils aussi conformistes que leurs résidences? La maison individuelle, qui est le rêve de beaucoup de gens, fait-elle le bonheur? J’imagine plutôt des vies prises dans une routine immuable. Ca ne m’étonnerait pas que ces façades soignées abritent quelques desperate houswives.


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Des animaux inconnus à Stanley Park

L’autre jour, j’ai fait un petit tour à Stanley Park, le plus connu des parcs de Vancouver. Alors que je marchais, mon attention a été attirée par un bruissement dans les fourrés. Je croyais voir un oiseau ou un écureuil mais à la place est sorti un animal que je n’avais jamais vu avant. C’était un petit mammifère noir et blanc. Il n’arrêtait pas de bouger alors je n’ai pas réussi à le prendre en photo et à ma grande déception il a disparu derrière un buisson.


Je continuai mon chemin. Quelques mètres plus loin, je me suis aperçue que le coin était en fait truffé de ces petits animaux. Gavés de cacahouettes par les visiteurs du parc, ils n’étaient pas très farouches. Quelques uns tournaient, l’air fasciné, autour d’un vieux monsieur avec une canne. J’en ai profité pour les prendre en photo :

 

 

 

 

Sur un panneau explicatif du parc, j’ai vu un dessin représentant l’animal mystérieux avec son nom anglais « raccoon ». En rentrant j’ai consulté mon dictionnaire et appris que j’avais rencontré des ratons laveurs vancouvérois.


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