Des colocataires indésirables


Fin décembre : 
Après qu’il ait plu et que la température ait varié en dessous et au dessus de zéro, Montréal est devenue une patinoire géante. A chaque pas on manque de s’étaler. Du coup les gens marchent sur la route.

26 décembre : Le jour après Noël, c’est le Boxing Day, le jour des soldes en Amérique du Nord. Il y a du monde dans les magasins mais apparemment moins que d’habitude à cause de la crise financière.

Première semaine de janvier : 
En regardant la météo qui annonce -6°C, je me surprends à penser « ça va aujourd’hui ». En fait c’est relatif. En dessous de -10°C, le froid me brûle le visage et c’est très désagréable. Alors qu’à -6°C, mes vêtements me protègent suffisamment pour que je puisse marcher en ville sans être trop gênée.

Samedi après-midi, je me relaxe en profitant de la tranquillité du week-end quand soudain j’entends l’Homme crier « Y’a une souris! ». Panique à bord. La souris s’est réfugiée derrière le meuble télé. Armée d’un balais, j’essaie de l’empêcher de sortir en poussant des cris de guerre. 

dessin : ApollineR et la souris géante

Pendant ce temps, l’Homme construit une barricade avec des meubles et des cartons. Le siège commence. On pulvérise de l’insecticide derrière le meuble en espérant que ça la fasse bouger.
Au bout d’un certain temps, elle sort à découvert. L’Homme bondit sur elle et parvient à l’emprisonner sous le bac de recyclage retourné.
Je ne détaillerai pas plus la triste fin de la bête.

Deuxième semaine de janvier : 
Lundi après-midi, l’Homme m’appelle sur le cellulaire (= téléphone portable) et me dit « Y’a une autre souris! ». Il me raconte qu’il a vu une souris tranquillement installée à ses pieds en train de le regarder. Mais le temps de réagir elle avait déjà filé. Le propriétaire vient installer des tapettes à souris. Comme appât il n’utilise pas de gruyère mais du beurre de cacahuète dont les souris québécoises seraient très friandes. 

Mardi matin, le beurre de cacahuète a été mangé jusqu’à la dernière goutte mais il n’y a aucune souris dans le piège! Ca me rappelle un de mes livres d’enfance « Madame Brisby et le secret de Nimh » de Robert O’ Brien qui raconte l’histoire de rats surdoués, trop malins pour se faire piéger. 
Apparemment notre problème ne vient pas de l’intelligence des souris mais des pièges qui sont des contrefaçons. Le propriétaire installe de nouveaux pièges.

Mardi soir, une souris gourmande (mais pas surdouée celle-là) se fait attraper. Le claquement assourdissant du piège m’a fait sursauter jusqu’au plafond. Normalement il n’y a plus de souris mais il faut quand même laisser les pièges quelques semaines au cas où.

Le temps passe vite

Et j’ai du mal à trouver quelques instants pour alimenter mon blog. Je reprends mon journal à mon dernier déménagement. Encore un nouvel appartement, qui a l’air de ne pas avoir les défauts des précédents. 

On est dans un quartier de maisons en briques rouges. A certains endroits, on se croirait dans le nord de la France comme face à cette maison où on retrouve un détail typique des maisons du Nord: les briques disposées en arc de cercles au dessus des portes et des fenêtres.

maison montréalaise en briques rouges

A d’autres endroits, la brique se marie à l’architecture des maisons montréalaises avec leurs balcons et leurs escaliers extérieurs.

maison montréalaise en briques rouges

jour j+47 : Début de la série d’ateliers auxquels je me suis inscrite : anglais, CV, lettre de présentation (= lettre de motivation), préparation à l’entrevue (= l’entretien) etc.

jour j+48 : J’arrive à prendre le bus sans avoir besoin de demander au chauffeur de m’indiquer mon arrêt

jour j+52 : Je rentre ma valise qui a passé une semaine dehors à 0°C, histoire de congeler tous les oeufs de punaises qui auraient pu s’y trouver.

jour j+53 : Achat de bottes d’hiver. Avec elles j’ai une démarche de canard et mes pieds ressemblent à des pattes d’ours mais je les achète quand même car ce sont les plus chaudes du magasin.

jour j+57 : Je vais me faire rembourser mes bottes de neige car elles sont tellement rigides que je n’arrive pas à marcher avec. 

jour j+58 : Achat de mitaines (= moufles) qui tiennent plus chaud que les gants

jour j+63 : Je découvre avec étonnement un système de vente pyramidale couplé à magasin de produits naturels. Si vous ne connaissez pas la vente pyramidale ou vente en réseau, c’est un système où on paie pour devenir membre d’une organisation et en contrepartie on reçoit un pourcentage du montant de ses achats et des achats des personnes qu’on fait rentrer dans le réseau. Donc le but est de parrainer le maximum de personnes en leur disant qu’elles peuvent gagner beaucoup d’argent. Le hic c’est qu’à moins d’embrigader un grand nombre de personnes, on est rarement gagnant financièrement parlant.

jour j+64, 17h : J’ai trouvé des chaussures d’hiver avec lesquelles j’arrive à marcher. Ce sont des chaussures de randonnée montantes qui sont imperméables et isolées.

jour j+64, 19h : Visite de l’exposition « Actions : comment s’approprier la ville » présentée par le Centre Canadien d’Architecture à Montréal.

jour j+68 : Après avoir déposé mon CV dans plusieurs magasins, je reçois un coup de fil pour travailler comme caissière à temps partiel.

jour j+69 : Il a neigé sur plusieurs centimètres et cette fois la neige a l’air de tenir. Mes chaussures s’enfoncent dans la poudreuse en faisant « scrouitch scrouitch » à chaque pas.

jour j+70 : Début de la formation pour apprendre à utiliser la caisse. A la fin de la journée tous les boutons se mélangent dans ma tête.

jour j+71 , 11h : La gérante du magasin m’appelle pour m’expliquer que la personne que je devais remplacer est revenue. Me voilà donc licenciée après une demi-journée de formation. C’est un premier contact avec la flexibilité nord-américaine. Je suis bonne pour reprendre ma distribution de CV dans les magasins. Le point positif c’est que je pourrai répondre « oui » à la prochaine personne qui me demandera si j’ai une expérience de la caisse.

jour j+71 , 14h : Devant moi, une jeune fille coquettement habillée traverse la rue en courant et s’étale de tout son long au milieu de la boue marron formée par le passage des voiture sur la neige. J’en tire la leçon qu’il vaut mieux éviter de courir sur la neige.

jour j+72 : Aujourd’hui j’ai indiqué leur chemin dans la ville à deux québécois égarés. 

jour j+73 : Balade dans le parc du mont Royal par -14°C. J’ai enlevé mes mitaines pour prendre une photo de la forêt dans la lumière de la fin de journée (je l’ai vite regretté en sentant la morsure du froid sur mes doigts!).

Mont Royal

Chaque jour apporte son lot d’imprévu

jour j+31 : Dégustation des fromages d’importation qu’on a trouvé dans une fromagerie du marché Atwater, un autre marché de Montréal.

pont l'évêque, camembert (au lait cru), fourme d'Ambert

De gauche à droite, un pont l’évêque, un camembert (au lait cru) et un morceau de fourme d’Ambert.
Le camembert était en promotion et nous a coûté 7 $ soit 4,6 €. Je crois qu’il me coûtait dans les 3,8$ (2,5€) à Paris.

jour j+33 : J’essaie de faire un CV québécois en suivant les recommandations d’une conseillère en emploi. Alors qu’en France il est d’usage d’indiquer son âge, sa nationalité, son statut marital et parfois d’ajouter sa photo, ici ces informations sont proscrites dans le CV pour éviter la discrimination.


jour j+35 : Déménagement vers un autre meublé loué pour un mois. L’appartement est moins cher que le précédent mais il a beaucoup vécu et est assez mal insonorisé. On pense chercher mieux pour le mois suivant.
Mon nouveau quartier :

maisons montréalaises

maisons montréalaises

jour j+36 : Rendez-vous avec une conseillère en emploi d’Immigration Québec. Cet entretien est un revival des années noires passées à fréquenter l’ANPE : La conseillère qui lit mon CV en poussant de gros soupirs puis réfléchit à qui elle pourrait m’adresser pour se débarrasser de moi. Pas de chance pour elle, j’ai déjà contacté l’organisme dont elle me parle. Finalement, plutôt que d’avouer son incapacité à m’aider, elle passe une demi-heure à chercher sur son ordinateur les codes des professions apparentées à mon profil.

jour j+37 : Arrivés pour rendre les clés de notre ancien logement, on se rend compte que le propriétaire nous a posé un lapin. On arrive à l’avoir au téléphone et il nous demande de partir en laissant les clés sur la table et qu’il nous rendra plus tard notre caution, il verra ça une fois qu’il aura reçu la prochaine facture de téléphone de l’appartement. Après d’âpres négociations, l’Homme réussit à reprendre un rendez-vous le jour même pour faire l’état des lieux et on finit par récupérer notre caution.

jour j+37 : Le nouvel appartement est envahi par des araignées. Je me réveille au milieu de la nuit persuadée d’avoir vu (dans le noir et sans mes lunettes) une araignée géante descendre du plafond.

jour j+41 : Depuis qu’on a déménagé, j’ai des boutons sur les bras, les jambes et la nuque qui me démangent. Après avoir pensé à l’attaque d’une division d’insectes assoiffés de sang, je me demande si ce n’est pas une allergie ou une manifestation de stress. Ou serait-ce possible que chercher du travail me donne littéralement des boutons?

jour j+43 , 8h : J’écrase deux insectes non identifiés sur le mur de la chambre. Ca fait deux taches couleur sang. J’ai trouvé les responsables de mes boutons. Après une recherche sur internet, j’en déduis qu’il s’agit de punaises de lit. Je suis complètement dégoûtée.

jour j+43 , 10h : Rendez-vous avec une conseillère en emploi d’un organisme qui vient en aide aux immigrants. La personne est beaucoup plus sympa que celle que j’ai vu la dernière fois et m’inscrit à différents ateliers.

jour j+43 , 17h : La propriétaire vient asperger partout du produit insecticide et avoue que ça fait deux ans qu’elle lutte contre ces insectes.

jour j+43 , 23h : On va au lit tout habillés et on laisse la lumière allumée. La nuit va être longue.

jour j+44 : L’Homme contacte un propriétaire qu’on avait vu la semaine dernière. Il est d’accord pour qu’on emménage tout de suite. On passe la journée à déménager nos affaires. Tous nos vêtements vont faire un séjour au séchoir ou au congélateur histoire de s’assurer qu’on n’a pas ramené d’œufs avec nous. En faisant le tri, je m’aperçois que ces sales bestioles, non contentes de me saigner et m’injecter un produit urticant, ont poussé le vice jusqu’à déféquer sur mon pyjama. Je suis un peu traumatisée mais le principal c’est qu’on soit sorti de là et c’est un vrai soulagement.



ajout de 2009 : Si vous comptez venir à Montréal, sachez que la ville subit une invasion de punaises. Lisez ces conseils de prévention. Vous pouvez aussi vérifier si votre futur logement est répertorié sur http://bedbugregistry.com (le site est en anglais, entrez l’adresse sans utiliser d’accents).

L’hiver montre le bout de son nez

De jour en jour, des tentes en plastique apparaissent pour protéger les accès aux garages des pavillons. Un premier signe que l’hiver approche?

tentes devant les entrées de garage à Montréal

jours j+19 à j+22 à Montréal : session d’information sur les réalités socio-économiques du Québec. J’en rapporte un gros tas de documentation

jour j+24 : achat d’un manteau pour moi. J’ai pris un modèle appelé « arctic », un des plus chauds du magasin. J’imagine qu’une vraie québécoise trouverait ce manteau trop épais mais pour moi qui assume ma frilosité je pense que ce sera parfait. Beaucoup de manteaux ont des bordures en fourrure. Pas par coquetterie mais parce que ça tient chaud. Le mien a une bordure en fourrure synthétique. Le duvet du manteau contient des plumes d’oie, du coup j’ai un peu l’impression d’être enroulée dans ma couette.

manteau d'hiver


jour j+27 : C’est reparti pour la recherche de logement car la fin de la location mensuelle approche et là où on est, c’est pas trop ça.

jour j+28 , 23h : Il neige!

jour j+29 : La neige n’a pas tenu (heureusement pour mes chaussures qui prennent l’eau). 
C’est le jour de collecte des matières recyclables.
A Paris, je mettais mes déchets recyclables (emballages plastiques, papier, carton, petit électroménager) en vrac dans un bac à couvercle jaune. La collecte avait lieu deux fois par semaine. Je jetais le verre dans une benne au coin de ma rue.

Dans le quartier de Montréal où je suis, la collecte a lieu une fois par semaine (c’est suffisant car les habitants ont de la place pour stocker leurs déchets). Si j’ai bien compris, on jette dans un bac vert les déchets fibreux (papier, carton) et les contenants en plastique, métal, multicouches (type tétra pak) et verre.

bacs de recyclage montréalais
bacs de recyclage montréalais

jour j+30, 14h : On reçoit nos cartes de résidents permanents avec dessus un petit hologramme en forme de feuille d’érable. Elles vont nous servir de cartes d’identité. Maintenant on peut sortir du Canada et y revenir ensuite sans être bloqués à la douane.

jour j+30, 19h : Achat d’une paire de leggings à porter sous mes pantalons pour être au chaud. Enfin quand je dis leggings j’aurais pu aussi parler de caleçon long mais c’est sûr ça fait moins glamour.

jour j+30, 23h : Un petit bilan après un mois à Montréal? Je dirais que je suis moins paumée que les premiers jours mais pas encore vraiment opérationnelle.

La vie quotidienne qui s’adapte

Je reprends mon journal avec une photo du quartier où je loge.

quartier résidentiel de Montréal

 

Comme la photo le laisse deviner, c’est très calme. Je parlerais de banlieue dortoir si on n’était pas dans Montréal même.

jour j+14 à Montréal , 14h : Inscription à la bibliothèque municipale.

jour j+14 , 15h : On reçoit enfin le virement de France. Jusque là on utilisait la carte bleue française et la banque prenait des frais non négligeables. Maintenant qu’on a de l’argent sur le compte canadien, on peut tester la carte de débit canadienne. Elle fonctionne avec une bande magnétique, ne permet pas de découvert et on choisit son code. D’autre part à chaque fois qu’on paie un commerçant ou qu’on retire de l’argent, la banque canadienne prélève des frais. Il faut donc faire attention au nombre d’opérations que l’on fait sinon ça devient onéreux à la longue.

jour j+14 , 16h : Courses au supermarché. C’est toujours compliqué de faire les courses parce qu’on ne veut pas manger n’importe quoi et beaucoup de produits sont différents. Il y a des choses que je ne trouve pas : du fromage râpé qui ait du goût, des lardons, de la farce à tomates… On passe beaucoup de temps à lire les étiquettes et moi je manque d’idées de menus.

jour j+15 , 11h : rendez-vous téléphonique avec la banque française. Peu habituée à avoir des clients résidant à l’étranger, elle demande une pléthore de justificatifs, dont certains impossibles à obtenir.

jour j+15 , 12h : je goûte pleine d’espoir un bout de brie canadien. Hélas, il a l’odeur et le goût d’un fromage aseptisé type Caprice des Dieux.

jour j+16 , 12h : J’ai pris l’habitude de cuisiner avec un balance et d’utiliser des recettes où les proportions sont données en grammes. Ca permet d’être plus précis. Dans mon logement actuel, il n’y a pas de balance mais un verre doseur gradué en « cups » ou « tasses ». Une tasse canadienne (différente de la tasse américaine) mesure 22,7 cl. Dans les recettes québécoises les proportions sont souvent données en tasses. Voici donc la mesure d’une tasse de riz destinée à nourrir deux personnes :

verre doseur gradué en tasses

 

jour j+16 , 16h : achat d’un manteau d’hiver pour l’homme

jour j+17 : Visite du marché Jean Talon. Le plus grand marché de Montréal est un marché comme ceux qu’on voit en Europe. Il y a des vendeurs de fruits et légumes mais aussi des producteurs locaux. Les stands remplissent une place qui est entourée de magasins alimentaires dont une fromagerie et un magasin à moitié bio.

stand du marché Jean Talon à Montréal

jour j+18 : Balade au parc Jean Drapeau. On peut y voir le circuit de formule 1 qui sert de route et aussi de piste cyclable. 

jours j+19 : Essai de spaghettis parsemés de copeaux de cheddar. C’est un bon ersatz de gruyère râpé. Il faut juste choisir le cheddar le plus fort et le plus vieux qu’ils aient en magasin.

Profiter de Montréal

jour j+9 à Montréal : On fait les magasins pour me trouver des chaussons. Il y a beaucoup de magasins, certains connus, comme H&M, Zara, Esprit ou Mango, et beaucoup d’autres que je ne connais pas. Je ne trouve pas beaucoup de chaussons qui me plaisent, mais je ne vais peut-être pas dans les bons endroits. J’ai même vu des crocs fourrés. Je finis par acheter des grosses pantoufles fourrées, pas très glamour mais chaudes et confortables.

jour j+10 , 12h : Première tentative culinaire avec ce qu’on a trouvé en faisant les courses. L’Homme fait une quiche lorraine avec de la crème sure (pour remplacer la crème fraîche), du bacon (pour remplacer les lardons), du fromage canadien (pour remplacer le comté) et dans un plat à gratin ovale. Le résultat est délicieux, ça nous rassure un peu sur notre survie alimentaire.

jour j+10, 14h : visite du musée des Beaux Arts. La collection est riche d’œuvres de toutes les époques et de toutes les origines. Je découvre avec plaisir des oeuvres que je ne connaissais pas d’artistes que j’aime bien. Les sections dédiées aux arts décoratifs et à l’art canadien sont particulièrement intéressantes.

Marc-Aurèle Fortin, Saint-Siméon
Marc-Aurèle Fortin, Saint-Siméon


jour j+10, 18h : En faisant un tour dans la ville on est tombé par hasard sur un magasin bio. En fait on ne peut pas vraiment parler de magasin bio car là aussi il y a un mélange de produits biologiques et de produits dits « naturels ». On y vend par exemple des savons liquides de la marque « le petit marseillais » ou des infusions « la tisanière » qui ne sont pas bio et sont vendus en grande surface en France. Le magasin s’appelle Rachelle Béry et se définit comme une « épicerie santé ». C’est un peu loin pour y faire mes courses régulièrement mais on a profité d’être là pour faire le plein de savon et de shampoing dans le rayon cosmétiques qui est bien fourni.

jour j+11 , 14h : En sortant du métro, on tombe sur une démonstration d’une station bixi. Le bixi est l’équivalent local du vélib parisien et sera disponible au printemps 2009. Il y aura un abonnement à la journée ou à l’année et les 30 premières minutes seront gratuites.
A Paris le vélib est financé par l’entreprise Decaux en échange de l’exploitation des panneaux publicitaires. A Montréal le vélo en libre-service sera financé par l’argent des parcmètres. Ce sont donc les automobilistes responsables de la pollution urbaine qui paieront pour le développement du vélo et ainsi la réduction de la pollution.

vélo en libre-service à Montréal


jour j+11 , 15h : Ascension du mont Royal. Le parc du Mont Royal, poumon vert de Montréal, surplombe la ville. Les arbres aux feuilles vertes, jaunes, orange et rouges forment un superbe tableau automnal.

jour j+11 , 17h : Quelques réflexions modesques. Je trouve que les montréalaises s’habillent plutôt confortables. Elles arpentent les rues interminables en talons plats. Elles aiment bien les bottes et osent les couleurs, à la différence des parisiennes plutôt adeptes en ce moment du noir et du gris.

 

Emménagement et formalités administratives

jour j+5 à Montréal , 8h : L’Homme a attrapé mon rhume.
jour j+5 , 18h : Après 3 nouvelles visites sous un beau soleil, on opte pour un appartement meublé loué au mois. Le prix est cher mais il est grand, propre et près d’une station de métro.

jour j+6 , 12h : On emménage dans l’appartement. Ca fait du bien de s’étaler un peu. On est dans un quartier résidentiel qui a l’air très calme.
jour j+6 , 16h : Visite au supermarché local. Il y a un rayon de produits biologiques comparable en taille à celui d’un supermarché français. Par contre les produits ont tous des logos différents. Il ne semble pas y avoir un logo national comme le logo français AB ou le logo européen. Les produits bio sont mélangés dans le rayon avec des produits dits naturels qui ne portent aucun label.
Il y a aussi un choix important de produits pour les végétariens.
Les montants sont indiqués sans les taxes donc c’est difficile de se rendre compte du vrai prix des produits.

jour j+7 , 10h : Maintenant qu’on a une adresse, on peut attaquer les formalités administratives. On va faire une demande de numéro NAS, un numéro identifiant qui sert pour les démarches administratives et pour les employeurs. Ce numéro n’a pas d’équivalent en France.
jour j+7 , 11h : On commence le tour des banques. Une fois sur deux, on nous demande de présenter, en plus du passeport, la carte de résident permanent qu’on ne recevra pas avant un mois. On utilise pas mal d’énergie à convaincre les conseillers que notre papier de confirmation de résidence est équivalent à la carte de résident permanent et permet selon la loi d’ouvrir un compte.
jour j+7 , 18h : Au supermarché on nous fait une réduction de 5 cents car on a amené nos sacs de courses et qu’on ne prend pas de sacs de caisse. C’est une bonne idée à mon avis mais je n’ai pas fait attention si les autres clients prenaient ou non des sacs plastiques.
jour j+7 , 21h : On a acheté des canneberges. Crues ces baies rouges sont acides et peu sucrées mais une fois préparées façon confiture par l’Homme, c’est délicieux.

canneberges façon confiture

jour j+8 : Inscription à l’assurance maladie. Fidèle à moi-même j’ai oublié un papier et on est bons pour revenir.

jour j+9 : Ouverture d’un compte en banque et demande de virement à notre banque française.


Maintenant qu’on en a fini avec la paperasse, on va pouvoir profiter de la ville et du beau temps.

La quête d’un logement provisoire

Je continue mon journal et remercie toutes les personnes qui m’ont laissé des gentils commentaires sur mon dernier article.

jour J + 1 : Premiers démarchages pour trouver un logement sans grand succès.
Il faut tout réapprendre en partant de zéro : trouver et utiliser les cartes téléphoniques prépayées, le fonctionnement des métros et des bus, reconnaître les différentes pièces de monnaie etc.
Alors que je suis un peu découragée par l’impression d’avoir perdu mon temps aujourd’hui, l’Homme fait des recherches sur le net et déniche un rendez-vous demain pour un logement.

jour J + 2 , 10h : La première visite (ou plutôt non visite car on nous a posé un lapin) n’a rien donné. On cherche un meublé à louer sur une courte durée mais beaucoup de logements sont loués et les autres sont à des prix prohibitifs.
jour J + 2 , 13h : J’ai attrapé un rhume, ce qui n’est pas étonnant car l’hôtelier (ce radin) ne met pas le chauffage dans les chambres. J’assiste comateuse au début de la réunion d’information d’Immigration Québec. On n’apprend pas grand chose de plus que la brochure d’information donc on s’éclipse.
jour J + 2 , 18h : On revoit nos critères de sélection pour un logement et l’Homme prend deux rendez-vous pour demain.
jour J + 2 , 21h : Je vais me coucher avec un pull, une écharpe et des chaussettes.

jour J + 3 , 8h : Je suis toujours aussi enrhumée, avec la tête comme une pastèque.
jour J + 3 , 11h : Les deux rendez-vous n’ont rien donné, les appartements étaient en mauvais état.
jour j + 3 , 21h : une nouvelle journée qui n’a pas donné de résultats. Ce n’est pas évident pour plusieurs raisons :
* le bail québécois dure en général 1 an et il est difficile de déménager avant la fin du bail. Alors qu’en France on part quand on veut à condition de donner un préavis de 3 mois
* beaucoup d’appartements se libèrent début juillet. En automne il y a moins d’appartements de disponibles
* les propriétaires ont des réticences à louer aux immigrants
* on est tombé sur quelques propriétaires pas très honnêtes qui profitent de la situation
On décide de changer d’hôtel demain car là il fait vraiment trop froid.

jour j + 4 , 7h : la découverte d’une araignée géante sur mon pull (hiiiiiiiiiiiiii!!!!!) nous conforte dans notre décision de changer d’hôtel.
jour j + 4 , 10h : pour un prix équivalent, le nouvel hôtel est beaucoup mieux et on peut passer des appels locaux depuis la chambre (fini de de se geler dans les cabines téléphoniques).  
jour j + 4 , 18h : une nouvelle visite infructueuse dans un quartier qui ressemble un peu à un ghetto.
jour j + 4 , 20h : toujours pas de logement mais mon rhume va un peu mieux et on est au chaud.

Blog d’expat

Ce blog va prendre pendant quelques temps une allure de blog d’expatriée. Après avoir fait mes adieux à mes proches et à mon quartier, je m’envole de l’autre côté de l’Atlantique, destination Montréal.


Je trouve que les blogs d’expat se ressemblent un peu tous. Mais c’est normal vu que tous passent par les mêmes étapes. Je risque donc moi aussi d’écrire des articles sur les expressions québécoises, le sirop d’érable ou les froidures de l’hiver au fur et à mesure de mes découvertes. J’espère juste que ce ne sera pas trop ennuyeux. J’ai encore des projets d’articles sur les thèmes habituels de mon blog mais en parallèle je vous écris le journal de mon installation au Québec :

jour J -1 : Je n’arriverai jamais à être prête à temps (en fait ça fait 10 jours que je me répète ça)
jour J -1 , 23h : J’ai réussi à fermer ma valise! A force de tri, j’ai réduit mes affaires à emporter à 24 kg. Je n’ai pas pu tout prendre et j’aurais aimé trouver un petit coin où caser mes fournitures de loisirs créatifs.
jour J , 1h : Tout n’est pas parfait mais tant pis. On arrête les préparatifs pour aujourd’hui.

jour J , 6h : Je me demande si déménager dans un pays étranger nécessite ou pas une dose d’inconscience.
jour J , 9h : Je n’ai jamais eu une valise aussi lourde!
jour J , 13h : J’aime pas les décollages
jour J , 15h (heure locale) : J’aime pas non plus les atterrissages
jour J , 16h : passage à la douane et à l’immigration. On nous demande des papiers, on remplit des papiers, on fait tamponner nos papiers, on reçoit encore d’autres papiers. On est content que ça se finisse et de repartir avec nos confirmations de résidence.
jour J , 18h30 : le soleil se couche (il se couche 1h plus tard en France)
jour J , 19h30 : arrivée à l’hôtel
jour J , 21h : au lit