Tenues de jour des années 50

Je suis revenue de l’exposition sur la mode des années 50 au palais Galliera à Paris avec des petits croquis que je vais publier en plusieurs articles. J’ai copié des tenues présentées à l’exposition mais c’est moi qui ai ajouté les accessoires et les coiffures alors ne m’en veuillez pas si je ne respecte pas la réalité historique.

Côté mode, les années 50 sont marquées par un rallongement des jupes jusqu’à mi-mollet et une taille très marquée. Le premier défilé de Christian Dior en 1947 marque le début de ce « new look ». Les jupes y sont très évasées, en forme de « corolles » de fleurs mais à l’époque les femmes portent aussi des jupes droites comme celles que j’ai dessinées ici.


illustration d'un tailleur de jour noir Balenciaga de la collection printemps-été 1950

Le premier dessin montre un tailleur de jour noir Balenciaga de 1950 dont la veste est serrée à la taille et s’élargit aux hanches. La jupe droite assortie descend jusque mi-mollet.


illustration d'un manteau de ville couleur anis Madeleine Vramant des années 1950

C’est ensuite un manteau couleur anis Madeleine Vramant qui s’élargit à partir des hanches, prenant la forme de la jupe corolle que l’on peut porter en dessous.


illustration d'une robe d'après-midi noire Jacques Fath de la collection automne-hiver 1954

Ce dessin montre une robe d’après-midi noire Jacques Fath de 1954 avec tout un jeu de plissé sur le devant. Autant je comprends bien le concept de robe de jour, autant je me demande quelle différence il peut y avoir entre une robe du matin et une robe d’abrès-midi ^^


dessin à colorier d'une femme portant un manteau style New Look

J’ai aussi dessiné une version à colorier du manteau New Look de Madeleine Vramant. Cliquez sur l’image pour agrandir puis imprimer le coloriage.

Pour finir, mon avis sur l’exposition sur la mode des années 50 :

(à visiter jusqu’au 2 novembre 2014)

J’ai bien aimé cette exposition. Les tenues présentées sont des tenues haute couture dans de très belles matières et on devine qu’elles ont demandé beaucoup de travail. Elles sont très bien conservées et sont classées par thèmes : les tenues de jour, les tenues de plage, les robes de soirée, les tenues de cocktail…

L’exposition n’est pas très grande aussi je vous la conseillerai plutôt si vous avez un minimum d’intérêt pour l’histoire ou la mode. Les explications sont intéressantes. Il y a des vidéos d’époque qui montrent les tenues portées et des dessins de stylistes et d’illustrateurs de mode comme René Gruau.

Il y avait pas mal d’enfants et ils avaient l’air d’apprécier l’exposition. Si on y va avec des enfants, l’idéal est de lire les explications (en pdf) sur le site du palais Galliera tranquillement chez soi avant la visite.

Plus d’infos sur le site du palais Galliera – musée de la mode

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Une poutre métallique transformée en œuvre d’art par Keith Haring

Les photos de cet article montrent plusieurs vues d’une même barre métallique de plusieurs mètres de long avec un dessin de Keith Haring. L’artiste américain est connu pour ses bonshommes stylisés qu’on croirait échappés d’un panneau de circulation. Il dessinait sur toutes sortes de supports : sur des bâches de chantier, des murs, des vases ou comme ici sur une poutre métallique.

Keith Haring, Beam (poutre), 1982

Sur ce dessin au marqueur, des bonshommes courent pour échapper à des chiens qui aboient. Ils fuient mais en même temps ils narguent le danger : certains font des pirouettes et d’autres se tapent amicalement la main.

Keith Haring, Beam (poutre), 1982

J’y verrais bien une évocation des artistes de rue fuyant devant la police, sachant que Keith Haring a commencé sa carrière en dessinant sur des affiches du métro new-yorkais et qu’il s’est fait plusieurs fois arrêter par la police. Cependant cette œuvre d’art n’a pas de titre pour laisser le spectateur libre de son interprétation.

Keith Haring, Beam (poutre), 1982

Keith Haring utilisait des symboles. Le bonhomme est une simple silhouette sans signe distinctif. Il représente l’être humain en général. Le chien qui abboie représente un oppresseur. Cela dit, Keith Haring n’a jamais donné les clés de son langage visuel pour laisser chacun y voir ce qu’il veut.

Vous pouvez admirer cette poutre décorée et bien d’autres œuvres à l’exposition « Keith Haring The political line » à Paris jusqu’au 18 août 2013. J’ai trouvé cette exposition très intéressante pour l’évocation de la scène artistique de New York dans les années 80 et pour montrer le côté engagé de Keith Haring. L’artiste s’exprimait sur des sujets qui lui tenaient à coeur comme le racisme, l’oppression des individus par l’état et la religion, la peur d’une guerre nucléaire et le sida qui décimait la communauté gay de New York à l’époque. Avant cette expo, je ne savais pas que derrière une apparence colorée et joyeuse, les oeuvres colorées de Keith Haring abordaient aussi des sujets plus sombres et complexes.

Pour en savoir plus :

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Exposition Paysages urbains à Paris

Je ne suis pas une experte en art moderne. En fait je répartis les oeuvres d’art contemporain en deux catégories : « j’aime » et « j’aime pas ». Dans la famille « j’aime », il y a les tableaux d’Hélène qui sont abstraits mais arrivent toujours à parler à mon imagination.
 

ville verte (c) Hélène Hurot - reproduction interdite
Ville verte (mais moi il me fait penser à Vancouver) (c) Hélène Hurot tous droits réservés


Le tableau ci-dessus sera présenté à l’exposition « Paysages urbains » à Paris du 9 au 15 novembre 2009. Cette série de peintures a une signification spéciale pour moi qui suis en Amérique du Nord. Les tableaux m’évoquent les quartiers de gratte-ciels des grandes villes nord-américaines, impressionnants par leur gigantisme.

Ci-dessous l’invitation qui donne les détails pratiques. Je ne pourrai pas y aller mais j’espère avoir plus de chance pour la prochaine exposition.



invitation exposition paysages urbains


Pour en savoir plus : le site officiel d’Hélène Hurot

 


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(Royal) British (Columbia) Museum

Le Royal BC Museum de Victoria accueille en ce moment une exposition intitulée « Treasures: The World’s Cultures from the British Museum » que l’on pourrait traduire littéralement par « Trésors : Les cultures du monde du British Museum ». On peut y découvrir plus de 300 objets prêtés par le British Museum de Londres.

Il n’y a pas en Colombie Britannique de musée équivalent au British Museum ou au Louvre, avec une riche collection d’objets archéologiques venus du monde entier.
L’exposition permet de donner un aperçu du British Museum à travers des œuvres de toutes les époques regroupés par civilisation. On passe de l’Égypte antique à la Mésopotamie, de la Grèce antique à l’Europe médiévale, de l’Asie aux Amériques.

J’avais visité le British Museum il y a quelques temps. Je ne sais pas quand je pourrai y retourner alors c’est une chance que ce soit le British Museum qui vienne à moi.

Le musée londonien n’a pas prêté ses œuvres d’art les plus célèbres mais on peut quand même voir de très belles pièces : une momie égyptienne vieille de 3000 ans, un petit masque en or ramené d’Israël, des pièces sculptées d’un jeu d’échec du Moyen Age (apparemment on peut en voir une réplique dans le premier film de Harry Potter) et un dessin de Matisse. Il y a aussi des objets fabriqués par des autochtones de Colombie Britannique. Ils avaient été ramenés en Angleterre par le navigateur George Vancouver de son voyage sur la côte ouest du Canada en 1792.

Les objets présentés sont très variés mais ils ont en commun le savoir-faire des artisans qui les ont façonnés. On pourrait passer des heures à admirer les détails des objets. Je me suis ainsi attardée devant cette calligraphie persane de Dara Shikoh (le fils de l’empereur moghol Shah Jahan qui a fait construire le Taj Mahal). Elle est ornée d’oiseaux et de fleurs peints avec une grande finesse.


calligraphie de Dara Shikoh

calligraphie de l’album de Dara Shikoh (c) The Trustees of the British Museum


À différents points de l’exposition des animateurs donnent des explications sur des objets que l’on peut manipuler et observer de près. Ainsi une animatrice raconte l’invention de l’écriture en montrant aux visiteurs des inscriptions sur une tablette d’argile de Mésopotamie (là où se trouvent aujourd’hui la Syrie et l’Irak).


Si vous passez à Victoria, l’exposition a lieu jusqu’au 30 septembre.


Plus d’information sur le site officiel du musée (en anglais)

 


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Actions : comment s’approprier la ville

ACTIONS
ACTIONS
ACTIONS
ACTIONS


Voilà ce qu’on peut lire en lettres capitales sur le mur à l’entrée de l’exposition « Actions : comment s’approprier la ville » présentée par le Centre Canadien d’Architecture à Montréal.


Le ton est donné. On ne verra pas ici des projets utopiques dessinés par des architectes à l’imagination débordante. Tous les projets présentés ont déjà une existence sur le terrain. Ce sont des initiatives de personnes lambda qui ont voulu faire bouger les choses à leur niveau et se réapproprier les lieux où ils vivent. C’est un bel exemple face aux discours défaitistes du type « on ne peut rien faire ». Ca nous rappelle qu’on ne peut pas simplement attendre et espérer que les politiques changent notre environnement. Mais surtout ça nous apprend qu’il existe des moyens de rendre sa ville plus agréable à vivre.


Le lien entre la ville et ses habitants est une problématique très intéressante. En général on subit son environnement sans avoir d’influence dessus. Les villes organisent des consultations publiques avant de lancer des travaux mais peu de gens sont au courant de ces consultations, très peu de gens ont le temps d’y participer et ceux qui participent et donnent leur avis ont souvent l’impression de ne pas être écoutés.
Les villes évoluent donc sans que les habitants aient leur mot à dire. Et on se rend compte après coup qu’on a construit des banlieues-guettos qui concentrent la pauvreté, des quartiers de bureaux qui deviennent déserts à la fin de l’après-midi et des voies rapides qui créent des barrières dans des villes.


Comment remettre un peu d’humanité dans la ville? D’abord en se rappelant que l’espace public appartient à tous et donc qu’il nous appartient. L’exposition montre ainsi des initiatives locales qui visent à reprendre possession de l’espace public. J’ai été épatée par ces idées simples mais auxquelles personnes n’avait pensé avant. 

Pour en savoir plus :
Présentation de l’exposition sur le site du musée 

J’ai noté les initiatives qui m’ont le plus plu. Si vous comptez aller voir cette exposition (que je vous recommande vivement), je vous conseille de ne pas lire la suite histoire de garder la surprise. Si vous n’avez pas la chance de venir à Montréal avant le 19 avril 2009, voici quelques projets qui offrent des solutions aux problèmes urbains :


* Freecycle (cycle gratuit), que je connaissait déjà, permet de publier une annonce sur internet pour donner les objets dont on ne veut plus. Car ce qu’on s’apprête à jeter pourrait être utile à quelqu’un d’autre. Il existe un groupe Freecycle à Paris et un à Montréal entre autres. 


* Le groupe new-yorkais Green guerillas (les Guerilleros verts) fabrique des « bombes de semences ». Ces petites boules, mélanges d’argile, de compost et de graine permettent de transformer en espace vert n’importe quel coin de béton.


* A Toronto, Urban Repair Squad (l’escouade de réparation urbaine) réalise des pochoirs avec le dessin d’un vélo à peindre sur le sol. Cela permet de créer sa propre piste cyclable là où il en manque.

pochoir avec le dessin d'un vélo pour créer sa propre piste cyclable
photo Sean Connors (c) creative commons


* Rebar tapisse de gazon des places de stationnement à San Francisco. Ce projet appelé PARK(ing) permet de réaliser l’espace énorme que prend la voiture dans la ville. On se prend à imaginer ce que ça donnerait si toutes les places de parking étaient transformées en jardins.

place de parking transformée en jardin
photo Stewf (c) creative commons


* A l’université McGill de Montréal, le projet « Edible Campus » (campus comestible) a consisté à planter un potager dans des bacs. Cela a permis de reverdir un coin bétonné du campus et les récoltes sont offertes à un organisme qui livre des repas aux personnes âgées. 


* L’architecte sévillan Santiago Cirugeda a écrit un livre appelé Recetas Urbanas (recettes urbaines) qui donne des stratégies d’occupation urbaine. Une de ses idées est d’occuper pendant un temps limité les terrains abandonnés qui sont en attente d’un projet ou d’un permis de construire. Sur ces terrains il installe des bancs et des jeux pour enfants à base de mobilier urbain recyclé.

terrain vague transformé en aire de jeux

 


Vous pouvez voir les autres actions sur le site dédié à l’exposition. Il est possible à chacun de soumettre une action urbaine sur le site pour qu’elle soit elle aussi exposée.


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Les années Grace Kelly


Je vais devenir une habituée des expositions de la mairie de Paris. Après Paris en couleur, je suis allée voir l’exposition consacrée à Grace Kelly. Y sont présentés des photos, des extraits de films mais aussi des objets personnels : lettres, robes, accessoires, bijoux, tableaux de fleurs séchées… On suit son parcours de jeune fille de bonne famille à actrice de Hollywood et finalement à princesse de Monaco toujours avec la même élégance.

 

 

Grace Kelly Audrey Hepburn Oscar 1956

Grace Kelly et Audrey Hepburn aux Oscar en 1956. photo Alan Grant (c) Time Inc.

Grace de Monaco 1964

Grace de Monaco en 1964 (c) Archives du Palais princier. Monaco


L’exposition renforce le mythe de Grace Kelly. On y voit une femme parfaite : actrice parfaite, épouse et mère parfaite, princesse parfaite, amie parfaite etc. Ca donnerait presque froid dans le dos.

Mais heureusement parfois Grace met ses épaisses lunettes de myope ou porte une grosse perruque bien kitsch qui n’est pas du meilleur effet. Ca la rend plus humaine et plus proche.


Grace de Monaco 1960

Grace de Monaco dans son bureau en 1960 (c) Archives du Palais princier. Monaco


Vous pouvez faire un tour dans l’atmosphère des années 50 – 60 jusqu’au 16 août 2008 à l’Hôtel de ville de Paris.

Pour en savoir plus :
le dossier de presse de l’exposition (au format pdf)

plein de photos de Grace sur ce forum en anglais

D’autres articles sur Grace Kelly sur ce blog :
Grace Kelly en dos nu dans Fenêtre sur cour
Le comble du snobisme ?

Paris en couleurs

Si vous passez par Paris, vous pouvez visiter gratuitement l’exposition photos « Paris en couleurs » jusqu’au 31 mars 2008 à l’Hôtel de ville. Les photos vont de 1907 à nos jours, avec des photographes témoins de l’évolution de la ville et des photographes célèbres comme Doisneau ou Robert Capa. 

Il y a quelques jolies photos de mode où on ne sait pas si ce sont les monuments parisiens qui mettent en valeur les robes haute couture ou le contraire.

 

La jolie fille et le ramoneur, vers 1955

La jolie fille et le ramoneur, vers 1955. photo : Lucien Lorelle © Collection Philippe Gallois

 


J’ai été étonnée de la projection de photos prises pendant l’Occupation. On n’a pas l’habitude de voir des photos de gens détendus et même joyeux pendant cette période. Mais c’était le point de vue d’un photographe travaillant pour la propagande et celui d’un soldat allemand basé à Paris.


Ce que j’ai préféré dans cette exposition, ce sont les photos de Paris prêtées par le musée Albert Kahn. Ce musée expose à Boulogne-Billancourt des photos tirées des Archives de la planète, la riche collection du banquier Albert Kahn. Entre 1909 et 1931, ce mécène a commandité des photos prises dans le monde entier. Il voulait immortaliser son époque sur la pellicule car il voyait bien que tout était en train de changer. Ces anciennes photos que l’on appelle des autochromes révèlent avec réalisme la vie quotidienne des parisiens. La couleur rend les personnages plus proches de nous. Et en même temps on a du mal à reconnaître des quartiers qui se sont complètement transformés. C’est vraiment un autre monde.

Rue de la Paix et colonne Vendôme le 13 juillet 1919

Rue de la Paix et colonne Vendôme le 13 juillet 1919. photo Auguste Léon (c) musée Albert-Kahn

 

 

Pour en savoir plus :
le site de l’exposition
le musée Albert Kahn et les jardins du musée

Céramiques : de l’immense au minuscule

affiche de l'expo avec le vase de Neptune

 

De l’immense au minuscule est le nom de l’exposition qui a lieu jusqu’au 26 juin 2006 au Musée de céramique de Sèvres.


L’immense, ce sont ces vases géants, dont le plus grand (sur la photo) mesure 3,15 m. Ils étaient chargés de promouvoir la manufacture de Sèvres lors des expositions universelles du XIXe siècle.


J’ai découvert aussi des « broderies de porcelaine », des murs décorés d’arabesques avec des supports pour présenter des porcelaines. Idéal pour les collectionneurs qui ne savaient plus où ranger leurs vases!

 

Le minuscule est représenté entre autres par une dînette, reproduction en petite taille d’un service ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette dont quelques pièces étaient aussi exposées. Ce service livré en 1784 comportait 239 pièces : des assiettes, des salières, des saladiers, des plats, des moutardiers, des saucières, des coquetiers, des compotiers, des seaux à verres, des seaux à bouteilles, des rafraîchissoirs à verres…                                               

           Plat du service de Marie-Antoinette

   Plat rond (c) RMN


Ci-dessous une photo d’une pièce qui n’était pas à l’expo mais qui donne une idée des motifs de ce service de table à décor « riche en couleurs et riche en or ».

 

  élément du service de Marie-Antoinette

             peut-être un pot à oille (c) Musée de l’Hermitage

 

La dînette (c) ApollineR