Balade Art Nouveau à Vienne

Je ne sais pas ce qu’évoque pour vous la ville de Vienne mais moi elle me fait penser à Gustav Klimt et aux artistes Art Nouveau. Cet été j’ai visité Vienne, admiré ses palais et ses magnifiques immeubles du 19e siècle et bien sûr j’en ai profité pour aller voir quelques lieux emblématiques de l’Art Nouveau.

Je vous emmène faire cette balade Art Nouveau dans Vienne avec moi?


itinéraire de balade Art Nouveau dans Vienne


itinéraire de ma balade Art Nouveau dans Vienne (Cliquer sur le plan pour l’agrandir)

(1) Kettenbrückengasse

La balade commence à la station de métro Kettenbrückengasse sur la ligne U4. Et le premier site Art Nouveau rencontré est la station de métro en elle-même. Elle a été construite en 1899 par l’architecte Otto Wagner qui a conçu d’autres stations de métro de la ligne U4. Otto Wagner c’est un peu le Hector Guimard de Vienne. Le pavillon de la station de métro Kettenbrückengasse est cependant plus sobre que les entrées de métro exhubérantes de Guimard à Paris.


la station de métro Kettenbrückengasse à Vienne


la station de métro Kettenbrückengasse

On retrouve des motifs végétaux entrelacés en métal typiques de l’Art Nouveau : en effet, les artistes Art Nouveau voulaient réintroduire la nature dans l’art.


détail de la station de métro Kettenbrückengasse à Vienne


Détail de la station de métro Kettenbrückengasse

(2) La maison aux médaillons et la maison aux majoliques

La deuxième halte n’est pas très loin puisqu’il s’agit de deux immeubles qui sont à notre gauche en sortant du métro aux numéros 38 et 40 de la rue Linke Wienzeile : la maison aux médaillons et la maison aux majoliques construites par Otto Wagner en 1899.


la maison aux majoliques à Vienne


la maison aux majoliques

La maison aux majoliques ou Majolikahaus est couverte de plaques de céramiques décorées de fleurs roses. Ca change des façades toutes de la même couleur!


détail de la maison aux majoliques à Vienne


la maison aux majoliques

La maison aux médaillons voisine est décorées de feuilles de palmier, de guirlandes et de médaillons dorés gravés avec des visages féminins signés Kolo Moser.


la maison aux médaillons à Vienne


la maison aux médaillons


la maison aux médaillons à Vienne : détail des médaillons


la maison aux médaillons : détail des médaillons

Les artistes Art Nouveau pensaient que l’architecture ou la ferronnerie, comme celle que l’on peut admirer sur la façade de cet immeuble, étaient de l’art au même titre que la peinture ou la sculpture. Pour eux, il n’y avait pas d’art majeur ou d’art mineur. Toutes les formes d’art avaient de la valeur et collaboraient pour un art total.


la maison aux médaillons à Vienne : détail des balcons


la maison aux médaillons : détail des balcons

(3) La Sécession

On prend ensuite la rue Linke Wienzeile qui longe le marché Naschmarkt. Après 600 m, on arrive devant un bâtiment surmonté d’une coupole dorée ajourée. En Autriche, plutôt que d’employer le terme Art Nouveau, on parle de Jugendstil ou de la Sécession Viennoise. A l’origine, il y a un groupe d’artistes qui ont décidé de faire « sécession » des courants artistiques traditionnels de l’époque. Il leur fallait un lieu d’exposition. En 1898, l’architecte Joseph Olbrich a donc conçu ce bâtiment qui s’appelle… la Sécession bien sûr!


La Sécession à Vienne


La Sécession

Le bâtiment comporte de nombreux symboles. C’est comme si Joseph Olbrich avait voulu faire passer des messages codés avec son bâtiment. Par exemple, les têtes de gorgones (des femmes qui ont une chevelure de serpents) et les chouettes sont des attributs d’Athéna, la déesse de la sagesse dans la mythologie grecque. Le laurier lui est associé au dieu Apollon, protecteur des arts.


porte d'entrée de la Sécession à Vienne surmontée de trois têtes de gorgones


La Sécession. Porte d’entrée surmontée de trois têtes de gorgones


La Sécession à Vienne. Statues de chouettes et couronne de lauriers sur la façade


La Sécession. Statues de chouettes et couronne de lauriers sur la façade


La Sécession à Vienne. Motifs végétaux de laurier sur la façade


La Sécession. Motifs de laurier sur la façade

Par contre je ne sais pas ce que symbolisent ces sympathiques petites tortues qui se promènent sous un gros pot de fleurs en mosaïque.


La Sécession à Vienne. Vase géant et statues de tortues


Vase géant et statues de tortues à l’entrée de la Sécession

(4) Karlsplatz

On continue sur la même rue jusqu’à Karlplatz où il y a deux anciens pavillons de métro face à face construits par Otto Wagner.


la station de métro Karlsplatz à Vienne


la station de métro Karlsplatz

La façade est en marbre blanc et ornée de tournesols stylisés.


Détail de la station de métro Karlsplatz à Vienne


Détail de la station de métro Karlsplatz

La promenade s’achève Karlplatz où on peut profiter du Resselpark pour faire une petite pause sous les arbres.

Plus d’info sur la Sécession Viennoise :
Un historique de la Sécession Viennoise (en anglais)

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Un entourage de métro Guimard à Paris

A Paris je suis toujours contente quand je passe par une entrée de métro conçue par Hector Guimard. J’admire sa dentelle d’acier et les courbures organiques des réverbères qui se penchent vers le passant. J’apprécie qu’une oeuvre d’art soit dans la rue à portée de tout le monde. Et je prends ma dose d’Art Nouveau avant de continuer mon chemin.

dessin d'un entourage de métro Guimard à Paris

D’autres articles sur le mobilier urbain parisien sur ce blog :

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Une autre entrée de métro de Guimard

C’est un authentique entourage Guimard, mais celui-ci ne se trouve pas à Paris.

 

 

Entrée de métro Guimard


Pouvez-vous deviner dans quelle ville cette photo a été prise?


La réponse est dans les commentaires. Bravo à Meg et Hélène qui ont trouvé tout de suite la solution.


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Entrées de métro à Paris

Les entrées du métro parisien font partie du mobilier urbain caractéristique de la capitale (comme les fontaines Wallace).


En 1899, la Compagnie du Métropolitain de Paris demande à Hector Guimard de concevoir différents types d’entrées pour le métro : des mini-gares, des édicules (des entrées couvertes) et des entourages simples (des entrées non couvertes). Hector Guimard est un architecte appartenant au mouvement Art Nouveau. Ses ouvrages en fonte servent à signaler les entrées du tout nouveau métro parisien. A l’époque, leurs formes innovantes ne font pas l’unanimité et ils sont très critiqués.

Entourage Guimard (métro Palais Royal – Musée du Louvre)
Entourage Guimard (métro Palais Royal – Musée du Louvre)

Edicule Guimard (métro Abbesse)
Edicule Guimard (métro Abbesse)

Par la suite, les entrées de métro ne sont plus aussi avant-gardistes. Les entourages sont en pierre ou en fer forgé. Les entrées sont signalées par des candélabres (des mâts portant une lampe).

candélabre de type Val d'Osne
candélabre de type Val d’Osne

candélabre de type Dervaux
candélabre de type Dervaux

 

Plus tard, on utilisera un mât portant simplement l’indication « Métro » ou une lettre M jaune (ces derniers ne méritent pas une photo selon moi) pour signaler les escaliers du métro (escaliers qui empêchent toujours les poussettes et les handicapés d’accéder au métro). Il faut attendre l’an 2000 pour qu’une entrée montre un peu d’audace. Le kiosque des noctambules est réalisé par l’artiste Jean-Michel Othoniel pour la station Palais Royal.

 

kiosque des Noctambules (métro Palais Royal – Musée du Louvre)
kiosque des Noctambules (métro Palais Royal – Musée du Louvre)

 

J’aime bien ce kiosque surmonté de bulles de verre soufflé pour son côté kitsch et féerique. Je lui reproche juste de ne pas répondre à sa fonction première : quand on le voit, on ne sait pas qu’il s’agit d’une bouche de métro.

pour en savoir plus :

Les différents accès du métro parisien

Les édicules Guimard

Quelques œuvres de Jean-Michel Othoniel

D’autres articles sur le mobilier urbain sur ce blog :


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Musée des arts décoratifs

Pendant les journées du patrimoine, j’ai visité le Musée des arts décoratifs de Paris. Le cadre du musée est agréable, on a un peu l’impression d’être au Louvre, ce qui est normal vu que le Musée des arts décoratifs est situé dans une aile du palais du Louvre. Le musée est un labyrinthe et j’ai du plusieurs fois demander mon chemin.


Les arts décoratifs, c’est quand les objets du quotidien deviennent des œuvres d’art. Le musée présente ainsi des meubles, des coffres, des fauteuils, de la vaisselle, des bijoux etc. J’ai particulièrement apprécié les pièces meublées et décorées qui reconstituent l’atmosphère de différentes époque. Il y a par exemple une chambre Renaissance, un salon XVIIIème et aussi l’appartement de la couturière Jeanne Lanvin. Ma seule déception : la partie mode qui accueillait une exposition sur Jean-Paul Gautier. J’ai trouvé les vêtements un peu défraîchis.


Des restaurateurs étaient présents dans certaines salles pour parler de leur travail à l’occasion des journées du patrimoine. J’ai ainsi écouté un tapissier présenter les techniques utilisées pour restaurer à l’identique des tentures anciennes. J’ai aussi appris que les tentures de l’appartement de Jeanne Lanvin que l’on voit dans le musée ont été restaurées par des brodeurs indiens. Je ne savais pas que la délocalisation touchait aussi le domaine culturel :( .


Je vous mets les photos de mes coups de cœur au fil des salles :

canapé époque Louis XV


Un superbe canapé du 18e siècle époque Louis XV. On n’a pas le droit de tester les fauteuils, mais il a l’air confortable et il est très grand.

guéridon nénuphar


Un guéridon 1900 en forme de nénuphar de Louis Majorelle, célèbre ébéniste Art Nouveau. Le plateau a la forme d’une feuille de nénuphar.

service à thé


Et un service à thé datant approximativement de 1785.

 

J’ai là de quoi meubler un salon à mon goût.


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