Anaïs et sa brouette trop lourde

A force de voir mes contacts twitter parler les uns après les autres du documentaire de Marion Gervais, Anaïs s’en va-t-en guerre, j’ai fini par aller voir la vidéo du film. Et j’ai beaucoup aimé l’histoire de cette jeune femme qui fait tout pour réaliser son rêve : cultiver sa propre exploitation de plantes aromatiques. On la suit sur plus d’une année et on la voit faire face aux difficultés sans jamais abandonner.

illustration d'une jeune femme qui enlève des plantes de sa brouette

Je garde en tête une scène du film où Anaïs entreprend seule de déménager ses plantes. Imaginez une frêle jeune femme qui essaie de pousser une grosse brouette pleine de terre et de plantes. La brouette est manifestement trop lourde pour elle. Anaïs saisit alors doucement des plantes qu’elle pose sur le sol pour alléger la brouette jusqu’à ce qu’elle arrive à la pousser. Elle reprend alors son chemin comme si de rien était. Je trouve que c’est une jolie métaphore de la façon dont elle traite les obstacles qu’elle rencontre tout au long du film.

Vous pouvez voir un extrait de Anaïs s’en va-t-en guerre ici.

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Livia Firth, militante et entrepreneure

dessin de Livia Firth

Dans ma série de personnalités inspirantes, j’ai eu envie de m’intéresser au parcours atypique de Livia Firth qui est une créatrice d’entreprise dans le domaine du luxe mais aussi comme elle se qualifie elle-même une « agitatrice professionnelle »

Livia Firth s’appelait Livia Giuggioli et était assistante de production lorsqu’elle a rencontré l’acteur Colin Firth sur le tournage d’une mini-série. Un mariage et deux enfants plus tard, Livia Firth produit des films documentaires et s’associe avec son frère Nicola pour créer Eco-Age, une société de conseil en développement durable.

Livia Firth s’est retrouvée sous les projecteurs en tant qu’épouse d’un acteur célèbre. Elle a alors eu l’idée de profiter de son exposition médiatique pour défendre une cause qui lui tenait à cœur. En 2010, en partenariat avec la journaliste Lucy Siegle, elle relève le « Green Carpet Challenge » (littéralement « challenge du tapis vert » en référence à l’écologie et aux tapis rouges). Il s’agit pour elle de porter des robes de soirée éthiques à toutes les remises de prix du cinéma de la saison, depuis les Golden Globes jusqu’aux Oscars.

Par la suite, elle convainc des stars comme Meryl Streep et Cameron Diaz de participer au Green Carpet Challenge et elle convainc aussi des marques comme Armani ou Lanvin de créer des tenues de soirée écologiques. Parallèlement sa société Eco-Age conseille des marques dans leur démarche de développement durable. Eco-Age a par exemple aidé le joaillier Chopard à trouver des sources d’approvisionnement éthiques d’or et de diamants pour sa collection de bijoux « Green Carpet » et pour la palme d’or du festival de Cannes 2014 qui pour la première fois sera certifiée équitable.

A travers ses multiple projets, Livia Firth prouve qu’il est possible de réaliser des créations superbes qui aient en plus une dimension éthique. Mais ce que je trouve aussi épatant c’est qu’elle ait réussi à inventer un job qui corresponde à ses valeurs.

Plus d’infos :
Le site d’Eco-Age
Le blog historique du Green Carpet Challenge hébergé par le Vogue anglais

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Méditer avec la pluie

Après avoir lu à droite à gauche sur les bienfaits de la méditation, je me suis dit qu’il fallait que je tente le coup. Jai donc fait ma petite recherche sur internet et essayé de suivre les conseils prodigués : respirer calmement avec le ventre, visualiser l’air qui rentre et qui sort de mes poumons (sauf que l’air c’est transparent à la base, alors ce n’est pas évident à visualiser ^^ ), laisser partir les pensées parasites etc.

Bon ça ne marche pas du tout sur moi. Je dois être réfractaire aux méthodes de méditation. Par contre en y réfléchissant bien, il y a quand même des moments où j’arrive à vider mon esprit et être dans l’instant :
* quand je regarde la neige tomber par la fenêtre
* quand je regarde la pluie tomber sur le pare-brise quand je suis passagère d’une voiture (ça ne marche qu’en voiture pas par la fenêtre de chez moi, je ne sais pas pourquoi)
* quand je regarde les vagues s’échouer sur la plage ou contre les rochers

Bref telle M. Jourdain, je faisais déjà de la méditation sans le savoir. Mais bon, c’est un peu restrictif d’attendre qu’il fasse moche ou d’aller en bord de mer. Du coup je continue mes expérimentations. Si vous avez des techniques de méditation pour les nuls, n’hésitez pas à les partager en commentaire.

dessin d'une femme assise qui essaie de méditer en regardant une boule à neige

Tentative de méditation à l’aide d’une boule à neige (ça ne marche pas non plus 😉 )

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La biographie Twitter d’Hillary Clinton

J’ai ouvert un compte sur le site Twitter, entre autres pour y publier les mises à jour de mon blog (vous pouvez m’y suivre sous le nom d’utilisatrice @ApolliR
).
En faisant des recherches pour savoir comment personnaliser mon profil je suis tombée sur le profil twitter d’Hillary Clinton qui est souvent cité comme un exemple de comment résumer sa biographie en 160 caractères.

Voici ce qui dit son profil en anglais :
Wife, mom, lawyer, women & kids advocate, FLOAR, FLOTUS, US Senator, SecState, author, dog owner, hair icon, pantsuit aficionado, glass ceiling cracker, TBD…

Ce qu’on peut traduire par :
Épouse, mère, avocate, défenseuse des femmes et des enfants, première dame de l’Arkansas, première dame des États-Unis, sénatrice des États-Unis, secrétaire d’État, auteur, propriétaire de chien, icône capillaire, fan de tailleurs pantalons, briseuse de plafond de verre, à déterminer…

Les références ne sont pas toutes évidentes alors je vais développer un petit peu sa biographie.

Née en 1947 dans une famille de la classe moyenne américaine, Hillary Rodham Clinton étudie le droit et devient avocate. Elle s’engage particulièrement pour les droits des enfants. Elle épouse Bill Clinton qu’elle a rencontré à l’université. Lorsqu’il est élu gouverneur de l’Arkansas, elle devient première dame de l’Arkansas. Elle accouche d’une petite fille et soutient la carrière politique de son mari qui est élu président des États-Unis en 1992.

Ce qui est intéressant c’est qu’elle reprend le fil de sa carrière quand son mari ralentit la sienne à la fin de son mandat de président des États-Unis.
Elle est élue sénatrice de l’État de New York en 2000. Puis en 2008, Barack Obama la nomme secrétaire d’État des États-Unis (l’équivalent de ministre des affaires étrangères).

La fin de la biographie est en forme de clin d’œil : Hillary Clinton se présente comme une icône capillaire parce que les journalistes ont beaucoup commenté sa queue de cheval lorsqu’elle était secrétaire d’état. Il a même fallu qu’elle explique en interview pourquoi elle s’était fait pousser les cheveux (la réponse si ça vous intéresse : elle a choisi une coiffure simple à réaliser parce qu’elle n’a pas toujours le temps de chercher un coiffeur quand elle est en voyage). Mais heureusement pour elle, ça lui est égal de savoir ce que les gens ont à dire sur sa coupe de cheveux.

Elle se définit ensuite comme une « briseuse de plafond de verre ». Le plafond de verre c’est l’ensemble des obstacles que rencontrent les femmes qui veulent avoir des postes à responsabilité. Hillary Clinton a notamment ouvert une brèche dans le plafond de verre en étant la première femme potentiellement présidentiable aux États Unis.

Enfin, « à déterminer… » fait probablement référence aux élections présidentielles de 2016 auxquelles elle pourrait être candidate.

Hillary Clinton et son équipe de communication semblent bien maîtriser les réseaux sociaux. Cela se retrouve aussi dans le choix de la photo de profil qui montre Hillary Clinton en train d’écrire un texto sur son mobile. Cette photo avait fait un buzz en 2012 quand un site internet proposait d’imaginer ce que la secrétaire d’état pouvait bien écrire sur son téléphone.

illustration d'après une photo d'Hillary Clinton en train d'écrire un texto sur son téléphone mobile

dessin d’après la photo de profil twitter d’Hillary Clinton prise par Diana Walker

Mais au delà de l’exercice de communication, le profil twitter d’Hillary Clinton est intéressant car il présente en quelques mots un parcours exceptionnel. C’est d’abord la diversité de ses expériences qui fait que sa biographie attire l’attention.

Pour en savoir plus :
Le profil twitter d’Hillary Clinton : @HillaryClinton

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Aung San Suu Kyi et vaincre la peur

Aung San Suu Kyi est la lauréate du prix Nobel de la Paix 1991.
En 1988, elle quitte sa carrière d’universitaire et sa famille à Londres pour retourner dans son pays d’origine, la Birmanie et elle s’engage politiquement contre la dictature. Entre 1989 et 2010, elle passe 15 ans emprisonnée. A sa libération, elle est élue députée et elle travaille à la démocratisation de la Birmanie en dialoguant avec ceux là même qui l’ont emprisonnée.

dessin de Aung San Suu Kyi venue recevoir son prix Nobel de la paix en 2012

Dans une intervention à la BBC en 2011, Aung San Suu Kyi parle de la liberté et de se libérer de la peur. J’ai essayé de traduire un extrait des propos de celle qui a trouvé le courage de s’opposer à la dictature :

« La peur est le premier adversaire que nous devons dépasser lorque l’on entreprend de se battre pour la liberté, et souvent elle nous accompagne jusqu’au bout. Mais il n’est pas nécessaire de se libérer complètement de la peur. Il faut juste s’en libérer suffisamment pour pouvoir continuer à lutter; et continuer malgré la peur demande un courage énorme. »

Elle dit aussi, en parlant des dissidents dont elle fait partie :

« Ils font semblant de ne pas avoir peur quand ils font ce qu’ils ont à faire et ils font semblant de ne pas voir que leurs camarades eux aussi font semblant de ne pas avoir peur. Ce n’est pas de l’hypocrisie. C’est du courage qui doit être renouvelé sciemment de jour en jour et d’heure en heure. »

En résumé, elle a peur mais elle y va quand même et elle fait semblant de ne pas avoir peur. En tout cas elle joue bien la comédie car quand on la voit elle a réellement l’air de n’avoir peur de rien.

Pour en savoir plus :
l’enregistrement et la retranscription (en pdf) de l’intervention de Aung San Suu Kyi à la BBC (en anglais)

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Michaëlle Jean, d’immigrante à gouverneure générale


En plus de dessiner mes tenues préférées, j’ai eu envie de dessiner aussi des personnes que je trouve intéressantes. Après Wangari Maathai, j’ai ainsi tiré le portrait de Michaëlle Jean.


Michaëlle Jean a occupé le poste de gouverneure générale du Canada entre 2005 et 2010. C’est un poste important puisque le gouverneur général représente la reine d’Angleterre (qui est aussi chef d’état du Canada) et est le commandant en chef des Forces armées canadiennes. Et c’est une femme noire et immigrante qui a s’est vue confier cette responsabilité.


Michaëlle Jean est née en Haïti en 1957. Sa famille fuit la dictature pour se réfugier au Canada en 1968. Son père devient violent et divorce de sa mère. Michaëlle Jean vit alors modestement avec sa mère et sa soeur.


Pendant ses études, Michaëlle Jean travaille pour une association qui aide les femmes victimes de violences conjugales. Elle fait ensuite carrière dans le journalisme avant d’être nommée gouverneure générale du Canada. Depuis 2010, elle est envoyée spéciale de l’UNESCO en Haïti.


Michaëlle Jean


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Wangari Maathai


Wangari Maathai est connue pour ses actions en faveur de l’environnement et des droits des femmes. En 1977, elle a fondé le mouvement de la ceinture verte (Green Belt Movement) qui lutte contre la déforestation en Afrique en plantant des arbres. Cette organisation non gouvernementale cherche à impliquer les populations locales et notamment les femmes dans les plantations d’arbres.
Wangari Maathai était une activiste qui n’hésitait pas à dénoncer la corruption, ce qui lui a attiré des des ennemis Elle a été battue et a fait de la prison mais a toujours continué à militer parce qu’elle savait qu’elle était dans son droit. Elle a reçu le prix Nobel de la paix en 2004. Elle pensait que la protection de l’environnement et la bonne gestion des ressources étaient primordiales pour permettre un développement économique équitable et éviter les conflits.
Wangari Maathai est décédée le 25 septembre 2011. Le mouvement qu’elle a créé perpétue sa mémoire et continue son action de reforestation.


dessin de Wangari Maathai


« C’est merveilleux de ne pas avoir peur et la plupart du temps je n’ai pas peur… Je me concentre sur ce qu’il y a à faire à la place » Wangari Maathai


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