La flamme olympique anime Vancouver

Soyons clair, les Jeux Olympiques de Vancouver n’ont que peu d’intérêt pour moi. Mais quand même j’apprécie la vie qui anime la ville depuis quelques jours. Une habitante de longue date m’a dit qu’elle n’avait pas vu ça depuis 1986, année où s’est tenue une exposition internationale à Vancouver.


Granville street
Je n’ai jamais vu autant de monde à Vancouver!

Hier je suis allée faire un tour au centre ville pour jeter un coup d’œil aux différents pavillons, expositions et animations. En descendant du bus, j’ai vu une foule de gens qui se dirigeaient tous vers Canada Place. J’ai suivi le mouvement en me disant qu’il devait sûrement y avoir quelque chose à voir. Et je suis tombée sur la flamme olympique derrière le Vancouver Convention Centre. Elle brûle aux extrémités de sculptures représentant des cristaux de glace géants.


flamme olympique
( Cliquez sur la photo pour l’agrandir )


J’aime bien l’originalité de la sculpture, ça change des vasques habituelles. Ce qui est dommage c’est qu’on ne peut la voir que de loin et derrière une clôture. J’ai du prendre ma photo à travers le grillage après m’être frayé un chemin dans la foule.


Ajout du 18 février : le dispositif a été modifié pour permettre de mieux voir la flamme.


 


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Expulsion

Le lendemain de notre emménagement à Vancouver, il y a quelques mois, nous avons été surpris d’entendre un bruit d’aboiement. Le propriétaire n’avait pas mentionné la présence d’un chien dans la maison. L’homme et moi avons échangé un regard inquiet. Nous ne le savions pas encore mais c’était le début d’une nuisance sonore qui allait s’amplifier de jour en jour. Nous avons supporté plusieurs mois de la musique parfois non stop toute la journée et des aboiements de jour comme de nuit.

Plus toute jeune et outrageusement maquillée, la voisine responsable du bruit semblait penser qu’elle pouvait faire la loi dans la maison. Selon elle, elle payait donc elle avait le droit de faire autant de bruit qu’elle voulait. Le propriétaire est allé lui parler sans succès.

Après une nuit de trop sans sommeil, nous sommes allés râler à la mairie, au service dédié aux nuisances sonores. Un officier s’est déplacé pour rappeler à la voisine la loi sur le bruit. Suite à cela, le bruit s’il n’a pas disparu est revenu à un niveau supportable. La vie reprenait un cours normal.

Deux semaines plus tard, nous avons trouvé un avis d’expulsion du propriétaire dans notre boîte aux lettres. C’est assez désagréable de tomber sur un tel courrier le matin quand on vient d’émerger du sommeil.
Ce qui s’est passé c’est que suite à notre plainte la mairie a fait des vérifications et s’est rendue compte que notre appartement était loué illégalement. Evidemment on n’était pas au courant.
On est allé voir le propriétaire qui a littéralement pété les plombs devant nous, nous accusant même d’être à l’origine de ses problèmes. Je suis toujours étonnée de voir jusqu’où peut aller la mauvaise foi. Il était manifestement affolé par la perspective du manque à gagner si il ne pouvait plus louer l’appartement. Par contre le fait qu’on risque de se retrouver à la rue ne semblait pas l’émouvoir plus que ça…

dessin
Illustration : comment la mairie de Vancouver résout les problèmes…


Nous voilà bons pour repartir à la recherche d’un appartement avec seulement 5 semaines avant d’être mis à la porte. Octobre n’est déjà pas une très bonne période pour trouver un appartement au Canada mais là en plus il y a les Jeux Olympiques en février prochain qui font exploser les prix.

Après de nombreux mails et plusieurs coups de fils, nous avons visité trois appartements.
Dans le premier appartement, une jeune maman nous a avoué qu’elle aussi louait illégalement, avec l’argument habituel que tout le monde fait ça dans le quartier.
Dans le deuxième appartement, une grand-mère bien propre sur elle nous a demandé plusieurs références car on parlait mal anglais et donc, selon elle, on ne pouvait pas nous faire confiance.
Un retraité nous a proposé un bail de 15 jours, renouvelable selon son bon vouloir, pour le troisième appartement.

Un peu découragés après ces visites, on a pris rendez-vous pour visiter un autre appartement dans la gamme de prix supérieure. Celui là était correct (et légal!). Le fait que la propriétaire ait immigré au Canada il y a des années et qu’elle ait fait du tourisme en France ont sans doute aidé à ce qu’elle nous loue l’appartement. C’est de là que j’écris ce post aujourd’hui, en savourant la chance d’avoir un toit au dessus de ma tête.

Vancouver résidentiel

Pour les touristes, Vancouver ressemble à cette photo de carte postale avec la mer, la montagne et des gratte-ciel :


Vancouver


On y voit le centre-ville de Vancouver, le « Downtown », qui est parsemé de tours.
Mais c’est oublier que la plus grande surface de la ville ressemble plutôt à ça :


maisons à Vancouver maisons à Vancouver

Des kilomètres et des kilomètres de « banlieues pavillonnaires », à la différence que ces quartiers résidentiels ne sont pas en banlieue mais appartiennent bien à la ville de Vancouver.

Les façades des maisons se suivent et se ressemblent. Le gazon doit être d’un vert éclatant et tondu bien ras. La façade avant doit être impeccable. L’apparence compte beaucoup.

Pourtant la porte d’entrée ne sert pas tellement. On est en Amérique du Nord, le royaume du tout bagnole. Les déplacements se font en voiture et on accède à la voiture par la porte de derrière qui donne sur la « ruelle ».


ruelle à Vancouver


Au Canada, une ruelle (alley ou lane en anglais) est une petite rue entre deux rues qui sert aux résidents à accéder à leur maison en auto. Une ruelle n’a pas de nom et ne sert qu’à la circulation des riverains. Si on prend par exemple deux rues parallèles, la 63e avenue et la 64e avenue, il y a une ruelle parallèle qui est entre ces deux rues. Et les habitants des 63e et 64e avenues prennent cette allée en voiture pour rentrer ou sortir de chez eux. On voit bien la ruelle au milieu des deux rues sur cette photo satellite de google map :


ruelle à Vancouver (source : google map)


Les ruelles permettent de jeter un coup d’œil sur les façades arrière des maisons, moins aseptisées que les façades avant. On y trouve le garage pour la ou plutôt les voitures. Il y a aussi souvent une terrasse à l’étage.


maisons à Vancouver


La terrasse est indispensable pour l’activité favorite du vancouvérois : le barbecue dominical.


maison à Vancouver


Il y a l’espace pour faire sécher le linge et jardiner quelques tomates.


maison à Vancouver
maison à Vancouver

L’arrière de la maison sert aussi à stocker les poubelles et parfois, avouons-le, à cacher le bordel.


maison à Vancouver maison à Vancouver

Je regarde les maisons et je me demande quelle vie ont  leurs habitants. Sont-ils aussi conformistes que leurs résidences? La maison individuelle, qui est le rêve de beaucoup de gens, fait-elle le bonheur? J’imagine plutôt des vies prises dans une routine immuable. Ca ne m’étonnerait pas que ces façades soignées abritent quelques desperate houswives.


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Des animaux inconnus à Stanley Park

L’autre jour, j’ai fait un petit tour à Stanley Park, le plus connu des parcs de Vancouver. Alors que je marchais, mon attention a été attirée par un bruissement dans les fourrés. Je croyais voir un oiseau ou un écureuil mais à la place est sorti un animal que je n’avais jamais vu avant. C’était un petit mammifère noir et blanc. Il n’arrêtait pas de bouger alors je n’ai pas réussi à le prendre en photo et à ma grande déception il a disparu derrière un buisson.


Je continuai mon chemin. Quelques mètres plus loin, je me suis aperçue que le coin était en fait truffé de ces petits animaux. Gavés de cacahouettes par les visiteurs du parc, ils n’étaient pas très farouches. Quelques uns tournaient, l’air fasciné, autour d’un vieux monsieur avec une canne. J’en ai profité pour les prendre en photo :

 

 

 

 

Sur un panneau explicatif du parc, j’ai vu un dessin représentant l’animal mystérieux avec son nom anglais « raccoon ». En rentrant j’ai consulté mon dictionnaire et appris que j’avais rencontré des ratons laveurs vancouvérois.


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De Montréal à Vancouver

Je reprends mon journal de voyage puisqu’on repart mais cette fois pour Vancouver.
En arrivant à Montréal, on avait 2 valises. Même si on n’a pas acheté beaucoup de choses, on a une valise de plus en repartant. On a surtout accumulé beaucoup de paperasse qu’il faut trier.

Go west!


Jour du départ : La poignée de la valise de l’Homme casse juste avant de partir. Sinon le voyage se passe bien. 5h30 de vol et 3h de décalage horaire. En arrivant à l’aéroport de Vancouver, on achète une carte de bus pour rejoindre l’hôtel. Sous un beau soleil, on parcourt en bus des rues où s’alignent des pavillons avec leurs jardins fleuris. On a réservé un hôtel un peu plus haut de gamme que d’habitude en espérant qu’il n’y ait pas de punaises. Parce que, comme Montréal, Vancouver n’est pas épargnée par les punaises.
Après avoir déposé les valises, on part à la recherche de nourriture. On va au supermarché à côté de l’hôtel. Étonnamment les emballages des produits sont écrits en anglais et en français. On essaie de trouver une salade ou un sandwich mais tout ce qu’on voit n’a pas l’air très comestible. On se rabat sur 2 bols de nouilles chinoises qu’on fera cuire en faisant chauffer de l’eau chaude dans notre chambre d’hôtel.


2e jour à Vancouver : On a encore en mémoire la galère pour trouver un logement à Montréal. Du coup l’Homme a anticipé et répondu à des annonces de location avant de partir. Il a pris rendez-vous pour visiter un appartement meublé ce jour. Le propriétaire nous a déjà fait remplir un questionnaire et a contacté notre précédent propriétaire pour se renseigner sur nous. On décide de prendre l’appartement et on signe un contrat de location avec le propriétaire.


3e jour à Vancouver : On s’installe dans l’appartement après avoir fait l’état des lieux avec le propriétaire. On commence le ménage de l’appartement et on fait quelques courses. Enfin on se pose et on se régale de spaghettis à la sauce tomate.

spaghettis
photo de chooyutshing sous licence Creative Commons


4e jour à Vancouver : Une fois qu’on a une adresse, on peut attaquer les formalités administratives : transmettre sa nouvelle adresse à une douzaine d’organismes, le téléphone, l’inscription à l’assurance maladie, l’échange du permis de conduire… Venant du Québec, les formalités sont quand même plus simples que si on était venu à Vancouver depuis la France. On va aussi chercher des informations sur les cours d’anglais proposés par le gouvernement.


Les jours suivants, on prend nos marques dans la ville.



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Bagels

Alors que chez moi, je cuisine toujours à la française, il y a quand même une spécialité montréalaise que j’ai adoptée : le bagel. C’est un petit pain en forme d’anneau. Il est souvent parsemé de graines de sésame mais peut aussi être parsemé de graines de pavot ou d’autres céréales.


A Montréal, deux magasins sont célèbres pour leurs bagels : St. Viateur et Fairmount. Ils sont cités dans tous les guides touristiques du Québec. Les deux magasins se disputent le titre de meilleur bagel de la ville. Parmi les habitants de Montréal, il y a ceux qui préfèrent les bagels de St. Viateur et les partisans de Fairmount. Personnellement je trouve que les deux boutiques se valent. Par ailleurs ils ne sont pas les seuls à faire des bagels. Certains magasins de produits naturels proposent des bagels bio mais ils sont souvent surgelés.


Moi qui m’apprête à déménager, j’espère que les vancouverois sont aussi friands de bagels que les montréalais.

 

Bagel au saumon fumé
Bagel de luxe au saumon fumé

 

Bagel au fromage à tartiner et aux noix
Bagel au fromage à tartiner et aux noix

 


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Des colocataires indésirables


Fin décembre : 
Après qu’il ait plu et que la température ait varié en dessous et au dessus de zéro, Montréal est devenue une patinoire géante. A chaque pas on manque de s’étaler. Du coup les gens marchent sur la route.

26 décembre : Le jour après Noël, c’est le Boxing Day, le jour des soldes en Amérique du Nord. Il y a du monde dans les magasins mais apparemment moins que d’habitude à cause de la crise financière.

Première semaine de janvier : 
En regardant la météo qui annonce -6°C, je me surprends à penser « ça va aujourd’hui ». En fait c’est relatif. En dessous de -10°C, le froid me brûle le visage et c’est très désagréable. Alors qu’à -6°C, mes vêtements me protègent suffisamment pour que je puisse marcher en ville sans être trop gênée.

Samedi après-midi, je me relaxe en profitant de la tranquillité du week-end quand soudain j’entends l’Homme crier « Y’a une souris! ». Panique à bord. La souris s’est réfugiée derrière le meuble télé. Armée d’un balais, j’essaie de l’empêcher de sortir en poussant des cris de guerre. 

dessin : ApollineR et la souris géante

Pendant ce temps, l’Homme construit une barricade avec des meubles et des cartons. Le siège commence. On pulvérise de l’insecticide derrière le meuble en espérant que ça la fasse bouger.
Au bout d’un certain temps, elle sort à découvert. L’Homme bondit sur elle et parvient à l’emprisonner sous le bac de recyclage retourné.
Je ne détaillerai pas plus la triste fin de la bête.

Deuxième semaine de janvier : 
Lundi après-midi, l’Homme m’appelle sur le cellulaire (= téléphone portable) et me dit « Y’a une autre souris! ». Il me raconte qu’il a vu une souris tranquillement installée à ses pieds en train de le regarder. Mais le temps de réagir elle avait déjà filé. Le propriétaire vient installer des tapettes à souris. Comme appât il n’utilise pas de gruyère mais du beurre de cacahuète dont les souris québécoises seraient très friandes. 

Mardi matin, le beurre de cacahuète a été mangé jusqu’à la dernière goutte mais il n’y a aucune souris dans le piège! Ca me rappelle un de mes livres d’enfance « Madame Brisby et le secret de Nimh » de Robert O’ Brien qui raconte l’histoire de rats surdoués, trop malins pour se faire piéger. 
Apparemment notre problème ne vient pas de l’intelligence des souris mais des pièges qui sont des contrefaçons. Le propriétaire installe de nouveaux pièges.

Mardi soir, une souris gourmande (mais pas surdouée celle-là) se fait attraper. Le claquement assourdissant du piège m’a fait sursauter jusqu’au plafond. Normalement il n’y a plus de souris mais il faut quand même laisser les pièges quelques semaines au cas où.

Le temps passe vite

Et j’ai du mal à trouver quelques instants pour alimenter mon blog. Je reprends mon journal à mon dernier déménagement. Encore un nouvel appartement, qui a l’air de ne pas avoir les défauts des précédents. 

On est dans un quartier de maisons en briques rouges. A certains endroits, on se croirait dans le nord de la France comme face à cette maison où on retrouve un détail typique des maisons du Nord: les briques disposées en arc de cercles au dessus des portes et des fenêtres.

maison montréalaise en briques rouges

A d’autres endroits, la brique se marie à l’architecture des maisons montréalaises avec leurs balcons et leurs escaliers extérieurs.

maison montréalaise en briques rouges

jour j+47 : Début de la série d’ateliers auxquels je me suis inscrite : anglais, CV, lettre de présentation (= lettre de motivation), préparation à l’entrevue (= l’entretien) etc.

jour j+48 : J’arrive à prendre le bus sans avoir besoin de demander au chauffeur de m’indiquer mon arrêt

jour j+52 : Je rentre ma valise qui a passé une semaine dehors à 0°C, histoire de congeler tous les oeufs de punaises qui auraient pu s’y trouver.

jour j+53 : Achat de bottes d’hiver. Avec elles j’ai une démarche de canard et mes pieds ressemblent à des pattes d’ours mais je les achète quand même car ce sont les plus chaudes du magasin.

jour j+57 : Je vais me faire rembourser mes bottes de neige car elles sont tellement rigides que je n’arrive pas à marcher avec. 

jour j+58 : Achat de mitaines (= moufles) qui tiennent plus chaud que les gants

jour j+63 : Je découvre avec étonnement un système de vente pyramidale couplé à magasin de produits naturels. Si vous ne connaissez pas la vente pyramidale ou vente en réseau, c’est un système où on paie pour devenir membre d’une organisation et en contrepartie on reçoit un pourcentage du montant de ses achats et des achats des personnes qu’on fait rentrer dans le réseau. Donc le but est de parrainer le maximum de personnes en leur disant qu’elles peuvent gagner beaucoup d’argent. Le hic c’est qu’à moins d’embrigader un grand nombre de personnes, on est rarement gagnant financièrement parlant.

jour j+64, 17h : J’ai trouvé des chaussures d’hiver avec lesquelles j’arrive à marcher. Ce sont des chaussures de randonnée montantes qui sont imperméables et isolées.

jour j+64, 19h : Visite de l’exposition « Actions : comment s’approprier la ville » présentée par le Centre Canadien d’Architecture à Montréal.

jour j+68 : Après avoir déposé mon CV dans plusieurs magasins, je reçois un coup de fil pour travailler comme caissière à temps partiel.

jour j+69 : Il a neigé sur plusieurs centimètres et cette fois la neige a l’air de tenir. Mes chaussures s’enfoncent dans la poudreuse en faisant « scrouitch scrouitch » à chaque pas.

jour j+70 : Début de la formation pour apprendre à utiliser la caisse. A la fin de la journée tous les boutons se mélangent dans ma tête.

jour j+71 , 11h : La gérante du magasin m’appelle pour m’expliquer que la personne que je devais remplacer est revenue. Me voilà donc licenciée après une demi-journée de formation. C’est un premier contact avec la flexibilité nord-américaine. Je suis bonne pour reprendre ma distribution de CV dans les magasins. Le point positif c’est que je pourrai répondre « oui » à la prochaine personne qui me demandera si j’ai une expérience de la caisse.

jour j+71 , 14h : Devant moi, une jeune fille coquettement habillée traverse la rue en courant et s’étale de tout son long au milieu de la boue marron formée par le passage des voiture sur la neige. J’en tire la leçon qu’il vaut mieux éviter de courir sur la neige.

jour j+72 : Aujourd’hui j’ai indiqué leur chemin dans la ville à deux québécois égarés. 

jour j+73 : Balade dans le parc du mont Royal par -14°C. J’ai enlevé mes mitaines pour prendre une photo de la forêt dans la lumière de la fin de journée (je l’ai vite regretté en sentant la morsure du froid sur mes doigts!).

Mont Royal

Actions : comment s’approprier la ville

ACTIONS
ACTIONS
ACTIONS
ACTIONS


Voilà ce qu’on peut lire en lettres capitales sur le mur à l’entrée de l’exposition « Actions : comment s’approprier la ville » présentée par le Centre Canadien d’Architecture à Montréal.


Le ton est donné. On ne verra pas ici des projets utopiques dessinés par des architectes à l’imagination débordante. Tous les projets présentés ont déjà une existence sur le terrain. Ce sont des initiatives de personnes lambda qui ont voulu faire bouger les choses à leur niveau et se réapproprier les lieux où ils vivent. C’est un bel exemple face aux discours défaitistes du type « on ne peut rien faire ». Ca nous rappelle qu’on ne peut pas simplement attendre et espérer que les politiques changent notre environnement. Mais surtout ça nous apprend qu’il existe des moyens de rendre sa ville plus agréable à vivre.


Le lien entre la ville et ses habitants est une problématique très intéressante. En général on subit son environnement sans avoir d’influence dessus. Les villes organisent des consultations publiques avant de lancer des travaux mais peu de gens sont au courant de ces consultations, très peu de gens ont le temps d’y participer et ceux qui participent et donnent leur avis ont souvent l’impression de ne pas être écoutés.
Les villes évoluent donc sans que les habitants aient leur mot à dire. Et on se rend compte après coup qu’on a construit des banlieues-guettos qui concentrent la pauvreté, des quartiers de bureaux qui deviennent déserts à la fin de l’après-midi et des voies rapides qui créent des barrières dans des villes.


Comment remettre un peu d’humanité dans la ville? D’abord en se rappelant que l’espace public appartient à tous et donc qu’il nous appartient. L’exposition montre ainsi des initiatives locales qui visent à reprendre possession de l’espace public. J’ai été épatée par ces idées simples mais auxquelles personnes n’avait pensé avant. 

Pour en savoir plus :
Présentation de l’exposition sur le site du musée 

J’ai noté les initiatives qui m’ont le plus plu. Si vous comptez aller voir cette exposition (que je vous recommande vivement), je vous conseille de ne pas lire la suite histoire de garder la surprise. Si vous n’avez pas la chance de venir à Montréal avant le 19 avril 2009, voici quelques projets qui offrent des solutions aux problèmes urbains :


* Freecycle (cycle gratuit), que je connaissait déjà, permet de publier une annonce sur internet pour donner les objets dont on ne veut plus. Car ce qu’on s’apprête à jeter pourrait être utile à quelqu’un d’autre. Il existe un groupe Freecycle à Paris et un à Montréal entre autres. 


* Le groupe new-yorkais Green guerillas (les Guerilleros verts) fabrique des « bombes de semences ». Ces petites boules, mélanges d’argile, de compost et de graine permettent de transformer en espace vert n’importe quel coin de béton.


* A Toronto, Urban Repair Squad (l’escouade de réparation urbaine) réalise des pochoirs avec le dessin d’un vélo à peindre sur le sol. Cela permet de créer sa propre piste cyclable là où il en manque.

pochoir avec le dessin d'un vélo pour créer sa propre piste cyclable
photo Sean Connors (c) creative commons


* Rebar tapisse de gazon des places de stationnement à San Francisco. Ce projet appelé PARK(ing) permet de réaliser l’espace énorme que prend la voiture dans la ville. On se prend à imaginer ce que ça donnerait si toutes les places de parking étaient transformées en jardins.

place de parking transformée en jardin
photo Stewf (c) creative commons


* A l’université McGill de Montréal, le projet « Edible Campus » (campus comestible) a consisté à planter un potager dans des bacs. Cela a permis de reverdir un coin bétonné du campus et les récoltes sont offertes à un organisme qui livre des repas aux personnes âgées. 


* L’architecte sévillan Santiago Cirugeda a écrit un livre appelé Recetas Urbanas (recettes urbaines) qui donne des stratégies d’occupation urbaine. Une de ses idées est d’occuper pendant un temps limité les terrains abandonnés qui sont en attente d’un projet ou d’un permis de construire. Sur ces terrains il installe des bancs et des jeux pour enfants à base de mobilier urbain recyclé.

terrain vague transformé en aire de jeux

 


Vous pouvez voir les autres actions sur le site dédié à l’exposition. Il est possible à chacun de soumettre une action urbaine sur le site pour qu’elle soit elle aussi exposée.


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Chaque jour apporte son lot d’imprévu

jour j+31 : Dégustation des fromages d’importation qu’on a trouvé dans une fromagerie du marché Atwater, un autre marché de Montréal.

pont l'évêque, camembert (au lait cru), fourme d'Ambert

De gauche à droite, un pont l’évêque, un camembert (au lait cru) et un morceau de fourme d’Ambert.
Le camembert était en promotion et nous a coûté 7 $ soit 4,6 €. Je crois qu’il me coûtait dans les 3,8$ (2,5€) à Paris.

jour j+33 : J’essaie de faire un CV québécois en suivant les recommandations d’une conseillère en emploi. Alors qu’en France il est d’usage d’indiquer son âge, sa nationalité, son statut marital et parfois d’ajouter sa photo, ici ces informations sont proscrites dans le CV pour éviter la discrimination.


jour j+35 : Déménagement vers un autre meublé loué pour un mois. L’appartement est moins cher que le précédent mais il a beaucoup vécu et est assez mal insonorisé. On pense chercher mieux pour le mois suivant.
Mon nouveau quartier :

maisons montréalaises

maisons montréalaises

jour j+36 : Rendez-vous avec une conseillère en emploi d’Immigration Québec. Cet entretien est un revival des années noires passées à fréquenter l’ANPE : La conseillère qui lit mon CV en poussant de gros soupirs puis réfléchit à qui elle pourrait m’adresser pour se débarrasser de moi. Pas de chance pour elle, j’ai déjà contacté l’organisme dont elle me parle. Finalement, plutôt que d’avouer son incapacité à m’aider, elle passe une demi-heure à chercher sur son ordinateur les codes des professions apparentées à mon profil.

jour j+37 : Arrivés pour rendre les clés de notre ancien logement, on se rend compte que le propriétaire nous a posé un lapin. On arrive à l’avoir au téléphone et il nous demande de partir en laissant les clés sur la table et qu’il nous rendra plus tard notre caution, il verra ça une fois qu’il aura reçu la prochaine facture de téléphone de l’appartement. Après d’âpres négociations, l’Homme réussit à reprendre un rendez-vous le jour même pour faire l’état des lieux et on finit par récupérer notre caution.

jour j+37 : Le nouvel appartement est envahi par des araignées. Je me réveille au milieu de la nuit persuadée d’avoir vu (dans le noir et sans mes lunettes) une araignée géante descendre du plafond.

jour j+41 : Depuis qu’on a déménagé, j’ai des boutons sur les bras, les jambes et la nuque qui me démangent. Après avoir pensé à l’attaque d’une division d’insectes assoiffés de sang, je me demande si ce n’est pas une allergie ou une manifestation de stress. Ou serait-ce possible que chercher du travail me donne littéralement des boutons?

jour j+43 , 8h : J’écrase deux insectes non identifiés sur le mur de la chambre. Ca fait deux taches couleur sang. J’ai trouvé les responsables de mes boutons. Après une recherche sur internet, j’en déduis qu’il s’agit de punaises de lit. Je suis complètement dégoûtée.

jour j+43 , 10h : Rendez-vous avec une conseillère en emploi d’un organisme qui vient en aide aux immigrants. La personne est beaucoup plus sympa que celle que j’ai vu la dernière fois et m’inscrit à différents ateliers.

jour j+43 , 17h : La propriétaire vient asperger partout du produit insecticide et avoue que ça fait deux ans qu’elle lutte contre ces insectes.

jour j+43 , 23h : On va au lit tout habillés et on laisse la lumière allumée. La nuit va être longue.

jour j+44 : L’Homme contacte un propriétaire qu’on avait vu la semaine dernière. Il est d’accord pour qu’on emménage tout de suite. On passe la journée à déménager nos affaires. Tous nos vêtements vont faire un séjour au séchoir ou au congélateur histoire de s’assurer qu’on n’a pas ramené d’œufs avec nous. En faisant le tri, je m’aperçois que ces sales bestioles, non contentes de me saigner et m’injecter un produit urticant, ont poussé le vice jusqu’à déféquer sur mon pyjama. Je suis un peu traumatisée mais le principal c’est qu’on soit sorti de là et c’est un vrai soulagement.



ajout de 2009 : Si vous comptez venir à Montréal, sachez que la ville subit une invasion de punaises. Lisez ces conseils de prévention. Vous pouvez aussi vérifier si votre futur logement est répertorié sur http://bedbugregistry.com (le site est en anglais, entrez l’adresse sans utiliser d’accents).