Rendez-nous nos bibliothèques

Pour mes filles et moi, aller à la bibliothèque c’est toujours une fête. On choisit ensemble les livres qu’on va lire pendant quelques semaines avant d’aller au lit. On emprunte les classiques qui ont bercé mon enfance, les livres que mon aînée a lus à l’école et les nouveautés recommandées par les blogueuses famille.

Notre dernier butin de livres ramenés de la bibliothèque

Pourtant cet été, je n’ai pas pu emmener mes enfants à leur bibliothèque parisienne lors de notre séjour en France. Comment leur expliquer qu’à cause de problèmes d’adultes sur lesquels elles n’ont aucune prise, elles ne sont plus les bienvenues à la médiathèque? Comment peut-on priver des enfant de lecture au mépris de la convention internationale des droits de l’enfant?

Si rien ne saurait justifier d’interdire l’accès aux bibliothèques à une partie de nos concitoyens, l’application d’une mesure d’exclusion à des enfants est particulièrement inique.

Lire est un loisir mais est aussi indispensable pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture qui sont les bases de l’éducation.

La convention internationale des droits de l’enfant rappelle qu’un enfant doit être protégé contre toutes formes de discrimination ou de sanction motivées par les opinions déclarées ou les convictions de ses parents (Article 2).

Tout enfant a le droit d’accéder à l’information (Article 17), le droit à l’éducation (Article 28), le droit aux loisirs, de se livrer au jeu et à des activités récréatives propres à son âge, et de participer librement à la vie culturelle et artistique (Article 31). Les bibliothécaires permettent aux enfants d’accéder à ces droits fondamentaux.

Quand on parle d’enfant, il s’agit ici de « tout être humain de moins de 18 ans ». Les « ados » sont aussi des enfants que nous, adultes, avons la responsabilité de protéger.

J’écris sur les bibliothèques car c’est la discrimination qui m’a le plus touchée personnellement mais en ce moment en France des enfants sont privés de sorties scolaires, de loisirs, de sport, de cinéma et même d’accès à l’hôpital. Je suis atterrée car je pense sincèrement qu’une société qui traite ses jeunes comme de la merde n’a pas d’avenir.

Pour mes filles ça ira. Quand on ira en France, je leur achèterai des livres. Mais je pense avec tristesse à ces enfants dont les parents n’ont pas les moyens d’acheter des bouquins et qui sont tout simplement privés de ces bien essentiels que sont les livres. Aujourd’hui j’espère juste que l’on va cesser de se laisser guider par la peur et retrouver nos valeurs dont l’accès à la culture pour tous.

PS : Les bibliothécaires se sont largement mobilisés pour que les bibliothèques redeviennent accessibles à tous. Une pétition a été lancée si vous souhaitez les soutenir.

Rendez-nous nos bibliothèques

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *