Une poutre métallique transformée en œuvre d’art par Keith Haring

Les photos de cet article montrent plusieurs vues d’une même barre métallique de plusieurs mètres de long avec un dessin de Keith Haring. L’artiste américain est connu pour ses bonshommes stylisés qu’on croirait échappés d’un panneau de circulation. Il dessinait sur toutes sortes de supports : sur des bâches de chantier, des murs, des vases ou comme ici sur une poutre métallique.

Keith Haring, Beam (poutre), 1982

Sur ce dessin au marqueur, des bonshommes courent pour échapper à des chiens qui aboient. Ils fuient mais en même temps ils narguent le danger : certains font des pirouettes et d’autres se tapent amicalement la main.

Keith Haring, Beam (poutre), 1982

J’y verrais bien une évocation des artistes de rue fuyant devant la police, sachant que Keith Haring a commencé sa carrière en dessinant sur des affiches du métro new-yorkais et qu’il s’est fait plusieurs fois arrêter par la police. Cependant cette œuvre d’art n’a pas de titre pour laisser le spectateur libre de son interprétation.

Keith Haring, Beam (poutre), 1982

Keith Haring utilisait des symboles. Le bonhomme est une simple silhouette sans signe distinctif. Il représente l’être humain en général. Le chien qui abboie représente un oppresseur. Cela dit, Keith Haring n’a jamais donné les clés de son langage visuel pour laisser chacun y voir ce qu’il veut.

Vous pouvez admirer cette poutre décorée et bien d’autres œuvres à l’exposition « Keith Haring The political line » à Paris jusqu’au 18 août 2013. J’ai trouvé cette exposition très intéressante pour l’évocation de la scène artistique de New York dans les années 80 et pour montrer le côté engagé de Keith Haring. L’artiste s’exprimait sur des sujets qui lui tenaient à coeur comme le racisme, l’oppression des individus par l’état et la religion, la peur d’une guerre nucléaire et le sida qui décimait la communauté gay de New York à l’époque. Avant cette expo, je ne savais pas que derrière une apparence colorée et joyeuse, les oeuvres colorées de Keith Haring abordaient aussi des sujets plus sombres et complexes.

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