A une passante


Cette semaine le thème du site Illustration Friday est mystérieux(se). J’ai cherché ce que ça m’évoquait et bientôt le poème « A une passante » de Baudelaire s’est mis à résonner dans mes oreilles. J’ai dessiné ma vision de ce poème. Dans une rue de Paris, le poète croise le regard envoutant d’une inconnue et a le coup de foudre.


passante mystérieuse



A une passante


La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;


Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.


Un éclair… puis la nuit ! — Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?


Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !


Charles Baudelaire


English version

Une réflexion au sujet de « A une passante »

  1. Bonsoir Apolline,

    Retrouver Baudelaire, au hasard d’une balade, c’est toujours… Un plaisir !

    Bonne soirée.
    Amitiés.
    Capucine

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