Actions : comment s’approprier la ville

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Voilà ce qu’on peut lire en lettres capitales sur le mur à l’entrée de l’exposition « Actions : comment s’approprier la ville » présentée par le Centre Canadien d’Architecture à Montréal.


Le ton est donné. On ne verra pas ici des projets utopiques dessinés par des architectes à l’imagination débordante. Tous les projets présentés ont déjà une existence sur le terrain. Ce sont des initiatives de personnes lambda qui ont voulu faire bouger les choses à leur niveau et se réapproprier les lieux où ils vivent. C’est un bel exemple face aux discours défaitistes du type « on ne peut rien faire ». Ca nous rappelle qu’on ne peut pas simplement attendre et espérer que les politiques changent notre environnement. Mais surtout ça nous apprend qu’il existe des moyens de rendre sa ville plus agréable à vivre.


Le lien entre la ville et ses habitants est une problématique très intéressante. En général on subit son environnement sans avoir d’influence dessus. Les villes organisent des consultations publiques avant de lancer des travaux mais peu de gens sont au courant de ces consultations, très peu de gens ont le temps d’y participer et ceux qui participent et donnent leur avis ont souvent l’impression de ne pas être écoutés.
Les villes évoluent donc sans que les habitants aient leur mot à dire. Et on se rend compte après coup qu’on a construit des banlieues-guettos qui concentrent la pauvreté, des quartiers de bureaux qui deviennent déserts à la fin de l’après-midi et des voies rapides qui créent des barrières dans des villes.


Comment remettre un peu d’humanité dans la ville? D’abord en se rappelant que l’espace public appartient à tous et donc qu’il nous appartient. L’exposition montre ainsi des initiatives locales qui visent à reprendre possession de l’espace public. J’ai été épatée par ces idées simples mais auxquelles personnes n’avait pensé avant. 

Pour en savoir plus :
Présentation de l’exposition sur le site du musée 

J’ai noté les initiatives qui m’ont le plus plu. Si vous comptez aller voir cette exposition (que je vous recommande vivement), je vous conseille de ne pas lire la suite histoire de garder la surprise. Si vous n’avez pas la chance de venir à Montréal avant le 19 avril 2009, voici quelques projets qui offrent des solutions aux problèmes urbains :


* Freecycle (cycle gratuit), que je connaissait déjà, permet de publier une annonce sur internet pour donner les objets dont on ne veut plus. Car ce qu’on s’apprête à jeter pourrait être utile à quelqu’un d’autre. Il existe un groupe Freecycle à Paris et un à Montréal entre autres. 


* Le groupe new-yorkais Green guerillas (les Guerilleros verts) fabrique des « bombes de semences ». Ces petites boules, mélanges d’argile, de compost et de graine permettent de transformer en espace vert n’importe quel coin de béton.


* A Toronto, Urban Repair Squad (l’escouade de réparation urbaine) réalise des pochoirs avec le dessin d’un vélo à peindre sur le sol. Cela permet de créer sa propre piste cyclable là où il en manque.

pochoir avec le dessin d'un vélo pour créer sa propre piste cyclable
photo Sean Connors (c) creative commons


* Rebar tapisse de gazon des places de stationnement à San Francisco. Ce projet appelé PARK(ing) permet de réaliser l’espace énorme que prend la voiture dans la ville. On se prend à imaginer ce que ça donnerait si toutes les places de parking étaient transformées en jardins.

place de parking transformée en jardin
photo Stewf (c) creative commons


* A l’université McGill de Montréal, le projet « Edible Campus » (campus comestible) a consisté à planter un potager dans des bacs. Cela a permis de reverdir un coin bétonné du campus et les récoltes sont offertes à un organisme qui livre des repas aux personnes âgées. 


* L’architecte sévillan Santiago Cirugeda a écrit un livre appelé Recetas Urbanas (recettes urbaines) qui donne des stratégies d’occupation urbaine. Une de ses idées est d’occuper pendant un temps limité les terrains abandonnés qui sont en attente d’un projet ou d’un permis de construire. Sur ces terrains il installe des bancs et des jeux pour enfants à base de mobilier urbain recyclé.

terrain vague transformé en aire de jeux

 


Vous pouvez voir les autres actions sur le site dédié à l’exposition. Il est possible à chacun de soumettre une action urbaine sur le site pour qu’elle soit elle aussi exposée.


English version

2 réflexions au sujet de « Actions : comment s’approprier la ville »

  1. Ping : Le temps passe vite

  2. Commentaires
    wow, il y a plein de gens de bonne volonté à ce que je vois! j’aime bcp ces potares sur le campus pour nourrir les personnes agées…excellent! je correspons avec une autre personne, à quebec, et lui, il me dit, que meme dans les magasins bio, les produits laitiers, ne sont pas bio…apparemment, le lait et le fromage, contient plein de truc bizars…tu as des infos là dessus?

    bises ma belle!
    Commentaire n°1 posté par esther le 08/12/2008 à 13h56
    ………………………………………………………………………………………………………………………………

    Génial la green guerillas Ca rappelle les petits pots de graines à mettre devant chez soi en « libre service » !!

    Merci de tes billets dépaysants sinon et j’espère que les punaises de lits ne vous ont pas suivies ;)

    Vous continuez à louer au mois ?

    Bises
    Commentaire n°2 posté par Raffa ( http://raffa.grandmenage.info/ ) le 08/12/2008 à 14h47
    ………………………………………………………………………………………………………………………………

    Je réponds avec du retard désolée.
    J’achète du beurre, du lait, du yaourt certifiés bio et je n’ai rien trouvé de louche dans leur composition. J’en trouve dans les supermarché et dans les magasins de produits naturels.
    On est toujours dans un meublé et heureusement je n’ai pas revu de sales bestioles depuis notre déménagement.
    a+
    ApollineR
    Commentaire n°3 posté par ApollineR le 29/12/2008 à 03h22

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